De retour de Cuba
Par kilobug le dimanche 18 mai 2008, 22:33 - Amérique Latine - Lien permanent
Santiago de Cuba, un lundi à 16H. Des enfants sortent, souriant, de l'école. Ils s'échangent des blagues en dégustant des glaces. À moins de 100 km de là, c'est Haïti. Là-bas, des enfants qui n'ont jamais connu l'école mangent des galettes de boue pour apaiser la faim qui leur dévore le ventre. L'un de ces deux pays est soumis à un blocus depuis 45 ans, mais il ne s'agit pas d'Haïti. Ceci sera sans doute le souvenir le plus marquant de mon voyage à Cuba, dont je vais tenter de retranscrire ici impressions et analyses.
Introduction
Cet article contient beaucoup d'impressions, d'anecdotes et est beaucoup plus subjectif que la plupart de mes autres articles. C'est un compte-rendu de voyage, plus qu'une analyse méthodique. J'ai aussi mis des liens correspondant à des photos illustrant mes propos, toutes les photos étant disponibles sur http://cuba.kilobug.org.
Quelques rappels historiques
Avant la Révolution
La période coloniale
La période coloniale cubaine est "classique", marquée par une utilisation massive de l'esclavage dans les plantations et les mines. C'est ainsi qu'ont fait fortune, sur le travail des esclaves, les grandes familles cubaines comme la famille Bacardi (aujourd'hui vivant à Miami).
Les guerres d'indépendance
Contrairement à d'autres pays, Cuba n'a pas connu une seule, mais plusieurs guerres d'indépendance, qui se sont étalées dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Les grands héros de l'indépendance, comme Manuel de Cespedes ou Jose Marti, sont encore fortement honorés aujourd'hui.
L'un des points marquant de l'indépendance cubaine est que l'échec des premières guerres d'indépendance est due non à la réelle supériorité de la couronne espagnole, mais aux divisions internes des cubains, qui furent exploitées avec succès par l'empire espagnol. Cette histoire est encore très présente dans les esprits cubains.
Néo-colonie des États-Unis
À la fin de la dernière guerre d'indépendance, et prenant prétexte de la destruction (dans des circonstances qui n'ont jamais été éclaircies) d'un navire de l'US Navy, les États-Unis interviennent pour aider Cuba contre l'Espagne, mais cette intervention à un prix très lourd: les États-Unis forcent les indépendantistes cubains à inclure dans la Constitution de Cuba le droit pour les États-Unis d'intervenir militairement à Cuba...
Suite à une révolte populaire contre le président fantoche mis en place par les États-Unis, les États-Unis occupent Cuba en 1906 pour trois ans. Toute la période suivante, entre l'indépendance (1902) et la Révolution cubaine, est marquée par l'ingérence systématique des États-Unis dans les affaires intérieures de Cuba, transformant Cuba en une néo-colonie des États-Unis, alternant entre des régimes respectant les formes de la démocratie et des dictatures militaires (dont celle de Batista, de 1952 à 1959).
La Révolution cubaine
La Moncada, l'"Histoire m'acquittera"
La Révolution Cubaine commence le 26 juillet 1953, lorsque Fidel Castro, Raul Castro et Abel Santamaría, à la tête de quelques dizaines d'insurgés, lancent une attaque contre la caserne "la Moncada", dans le but est de distribuer les armes au peuple afin de lancer une révolution d'ampleur contre la dictateur de Batista.
L'attaque de la caserne échoue. Abel Santamaría et de nombreux rebelles sont tués dans l'attaque, ou alors fait capturés, torturés et exécutés. Fidel et Raul Castro sont eux capturés quelques jours plus tard, et jugés. Au cours de son procès, Fidel Castro prononcera un célèbre discours "l'Histoire m'acquittera", expliquant les raisons de son action, ainsi que son programme de gouvernement une fois Batista renversé. Ils seront condamnés à de lourdes peines de prison, commuée plus tard en exil sous la pression populaire.
La caserne fut plus tard convertie en école.
Le débarquement du Granma
Exilés au Mexique, les deux frères Castro vont faire la rencontre d'un autre exilé cubain, Camilo Cienfuegos, et d'un médecin Argentin: le docteur Ernesto Guevara de la Serna, surnommé plus tard le "Che". Ensemble, ils vont fonder le Mouvement du 26 Juillet, et préparer un retour à Cuba.
Ils seront 82 à embarquer sur un bateau nommé le Granma pour effectuer la traversée vers Cuba. Une diversion avait été prévue pour leur permettre de débarquer, mais le mauvais temps leur fit arriver un jour plus tard que prévu. L'armée de Batista les attendait, et seules 12 personnes survécurent.
La Sierra Maestra
Ces 12 rebelles, équipés de 7 fusils, ne se laissèrent pas aller au découragement. Se réfugiant dans la Sierra Maestra (la plus grande chaine de montagne de Cuba, recouverte d'une jungle tropicale), ils commencèrent à recruter de l'aide parmi les paysans de la montagne. Ils établirent leur quartier général
Ils appliquèrent tout au long de leur lutte la "principe de non-cruauté", c'est à dire, qu'ils n'ont jamais utilisé la torture, qu'ils ont toujours soigné et relâché les prisonniers ennemis (sauf ceux s'étant rendu coupables de tortures ou de massacres de civils, qui furent pour certains exécutés), et qu'ils n'ont jamais pratiqué le racket au près des populations civils. Les raisons étaient éthiques, mais, ne soyons pas naïf, l'éthique n'était pas la seule raison. La principale raison était stratégique: l'objectif des révolutionnaires était de s'attirer la sympathie des populations locales, et de conduire les troupes de Batista (des conscrits peu motivés) à se rendre plutôt qu'à se battre.
La bataille de San Domingo
Cette phase de la Révolution se termina lors de la bataille de San Domingo. Au cours de cette bataille, où l'armée de Batista, forte de 10 000 hommes, tenta en vain de vaincre les 350 rebelles de la Sierra Maestra, la stratégie choisie par Fidel fut récompensée: bien sûr, leur meilleur connaissance du terrain, et leurs positions stratégiques les aidèrent beaucoup. Mais les deux principales raisons de la victoire des rebelles, pourtant 30 fois moins nombreux, furent le soutien de la population locale aux rebelles, et la faible motivation des soldats de Batista, qui préféraient se rendre plutôt que de se faire tuer - tandis que les rebelles, motivés par des idéaux, et sûrs d'être torturés ou exécutés en cas de capture, se bâtirent toujours jusqu'au bout.
Fuite du tyran
Après la bataille de San Domingo, les rebelles ont étendus leur offensive. Les États-Unis, sentant la partie perdue pour Batista, en raison du fort soutien de la population cubaine pour les rebelles, cessèrent de soutenir Batista, espérant pouvoir acheter ou contraindre Fidel Castro à servir leurs intérêts.
Batista, essuyant défaite sur défaite, et lâché par ses alliés les plus puissants, s'enfuit alors du pays - emportant avec lui une grande quantité des stocks d'or de la Banque de Cuba (comparons donc avec les Communards, qui même au cours de la Semaine Sanglante, refusèrent de violer la Banque de France).
Les débuts de la Révolution
Alphabétisation, développement des régions
Fidel Castro, victorieux, est accueilli triomphalement à La Havane. Il lance les grands projets correspondant à ce qu'il avait promis dans "l'Histoire m'acquittera": en particulier, l'analphabétisation est éradiquée en l'espace de quelques années.
Les régions les plus pauvres sont désenclavées, et de gros progrès sont faits en matière d'éducation et de santé publique.
Nationalisations et la crise avec les USA
Fidel Castro entreprend alors une partie de son programme, visant à quitter l'état de néo-colonie: il nationalise les grandes industries possédées par les pays étrangers. Le pays ruiné par Batista (parti avec les stocks d'or) il propose tout de même une indemnisation aux pays expropriés: mais ne pouvant la payer sur l'instant, il propose de la verser sur 30 ans. Tous les pays acceptent à l'exception d'un seul: les États-Unis.
Ceux-ci répondent en cessant toute livraison de pétrole à Cuba. Cuba se tourne alors vers le seul pays capable de lui fournir le précieux or noir: l'URSS. La surenchère continue, les États-Unis punissant Cuba d'avoir fait du commerce avec l'URSS, et ainsi de suite.
La Baie des Cochons
Cette tension croissante entre Cuba et les USA découle sur l'invasion de la Baie des Cochons en 1961. Des mercenaires, armés, équipés et entraînés par les États-Unis, tentent d'envahir Cuba, avec le soutien logistique de l'US Army.
Des avions de l'US Air Force, déguisés pour porter les couleurs des FAR (Forces Armées Révolutionnaires cubaines), effectueront des bombardement. Les États-Unis nieront leur participation dans l'attaque, allant jusqu'à refuser pendant plus de 10 ans de réclamer le corps d'un pilote de l'US Air Force abattu par les défenses Cubaines au cours de l'invasion. Jimmy Carter admettra finalement l'implication de l'US Army, et le corps sera rapatrié.
Mais une leçon très importante est à retenir sur la Baie des Cochons. L'endroit ne fut pas choisi au hasard. Avant la Révolution, cet endroit était le plus pauvre du pays, un immense marécage avec très peu d'infrastructures. Les mercenaires, gardant en tête ce souvenir, espéraient profiter de l'isolement pour s'établir sur place. C'était sans compter sur les travaux réalisés par la Révolution, en l'espace de deux ans: la région était désormais munie de routes. Et des écoles, comme des dispensaires médicaux avait été récemment ouverts; ces équipements ont conduit la population locale à se solidariser avec la Révolution, et à se porter volontaire, massivement, afin de repousser les mercenaires.
Il est aussi à noter que Fidel Castro ne commandait pas depuis son palais à La Havane, mais qu'il était présent sur le champ de bataille, risquant sa vie avec ses hommes. La légende dit même qu'à l'intérieur d'un blindé il réussit à endommager une frégate de la CIA...
Cuba après la chute de l'URSS
La Période Spéciale
La chute de l'URSS fut désastreuse pour Cuba. Son économie était totalement dépendante de l'URSS. L'exportation de canne à sucre, première source du pays, est tombée en l'espace d'une année de 8 millions de tonnes à 2 millions de tonnes.
Cette période de crise économique grave est nommée la Période Spéciale. Il est à noter que même au pire de cette crise, si les coupures de courant furent fréquente, la gratuité de la santé et de l'éducation ne furent jamais remis en questions (alors que chez nous...). Les travailleurs des plantations de canne à sucre fermées se virent tous proposer soit un nouvel emploi, soit de reprendre des études, mais en conservant leur salaire.
L'ALBA
Une embellie est arrivée à Cuba depuis une dizaine d'années: l'avènement de gouvernements de gauche en Amérique Latine, d'abord le Vénézuela, puis le Brésil, la Bolivie, l'Équateur, ...
En particulier, l'ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques), initiée par le Vénézuela et Cuba, avec son programme "pétrole contre médecins" (Cuba envoyant des médecins et des enseignants dans les missions sociales du Vénézuela, en échange de pétrole vénézuelien vendu bien au-dessous des cours du marché), a parmi à Cuba un grand bol d'air frais, et de sortir de la terrible crise économique.
Impressions et analyses
Cuba, le pays où les enfants sont rois ?
Quelques généralités
Ce slogan parfois utilisé par les défenseurs de Cuba correspond il à une réalité ?
Il est indéniable que des efforts très importants sont effectués de par le gouvernement cubain en faveur des enfants. Dés la naissance, les parents se voient accorder un an de congés payés. L'éducation est une priorité à Cuba. Non seulement elle est totalement gratuite (y compris l'uniforme et les fournitures), mais les enfants se voient offrir le repas du midi (et parfois même le petit déjeuner), lors des jours de classe, afin de fournir à tous une alimentation équilibrée et de qualité.
Les enfants se voient aussi attribués des "tickets de rationnement", leur permettant d'obtenir gratuitement des denrées, par exemple un litre de lait par jour. Attention, il ne s'agit pas de rationnement au sens classique du terme (quantité maximale que l'on peut acheter), mais d'une quantité offerte par l'État (ou parfois disponible à prix symbolique). Au delà, il est bien sûr possible d'acheter d'avantage, au prix normal.
Un grand nombre d'activités sont aussi organisées, comme des clubs d'échec (équipés de matériel informatique), des cours de musique, des activités sportives, des clubs d'informatique, pour occuper les enfants hors des périodes scolaires, toutes ses activités étant bien sûr gratuites.
En se promenant dans l'île, on peut voir de nombreux enfants, toujours bien portant (bien sûr il arrive d'en voir un avec le bras dans le plâtre, les accidents arrivent là-bas comme partout), souriant, visiblement heureux. En discutant avec eux, on se rend compte qu'ils sont ravis d'aller à l'école, et qu'ils ont tous des projets d'avenir. Souvent des projets "nobles", pour aider les autres: ils veulent être médecin, professeur, infirmier, pompier... quelques uns artistes ou sportifs. Ils aiment les maths pour l'un, l'histoire pour l'autre, le dessin pour un troisième. Et, malgré la pauvreté générale du pays, beaucoup d'entre eux possèdent des bicyclettes.
Le système éducatif cubain
J'en ai déjà un peu parlé. Éducation gratuite... mais de qualité ?
Il y a sans doute quelque chose à Cuba qui ferait attraper une crise cardiaque à notre Xavier Darcos national: en primaire, le nombre d'enfants par classe est désormais limité à ... 12. Oui, douze. Dans le secondaire, à 20. En France, il n'est pas rare de voir des classes à plus de 25 dans le primaire, et à plus de 30 dans le secondaire ! Pourquoi à 12 ? Parce que ça permet à l'instituteur de s'occuper personnellement de chaque enfant, en fonction de ses points forts et de ses points faibles.
Propagande ? J'en doute. Nous avons visité un petit village de montagne, et vu l'école du village. Il y avait trois classes: une de 12, une de 8 et une de 7 élèves. L'institutrice nous a expliqué qu'un peu plus haut dans la montagne, dans un village isolé, il y a une école avec un seul enfant. Un enfant, mais un instituteur à plein temps, une télévision, un ordinateur. En roulant dans la campagne cubaine, nous avons vus, très souvent, dans les petits villages, une école, voir plusieurs, reconnaissables à leur buste de José Marti à l'entrée.
Les écoles sont de plus toutes équipées en matériel audiovisuel (une télévision et un magnétoscope ou lecteur de DVD par classe), et même informatique, et ceci malgré l'extrême difficulté pour Cuba d'importer du matériel informatique, fabriqué en partie (par exemple pour le microprocesseur) aux États-Unis.
Qu'en est-il de l'université à Cuba ? Tout d'abord, elle est totalement gratuite elle aussi. Mais non seulement elle est gratuite, mais les étudiants sont rémunérés pendant leurs études ! L'État pousse le zèle jusqu'à offrir, pour les étudiants forcer de voyager loin de chez eux pour leurs études, l'hébergement et... deux aller-retour pour rentrer voir leur famille, chaque année.
Que dire sur le contenu de l'éducation à Cuba ? Il y aurait beaucoup de choses à dire. Il faudrait d'ailleurs faire un voyage rien que pour ça. Trois choses m'ont marquées, surtout.
La première, c'est l'apprentissage des responsabilités, dés le plus jeune âge. En nous promenant, nous avons assisté à des cours de sport, par exemple. Et bien le plus souvent, c'est un enfant de la classe qui indique aux autres ce qu'ils doivent faire, le professeur se contentant de surveiller et d'émettre des remarques. Les élèves prennent le rôle du "leader" à tour de rôle, chacun apprenant à avoir des responsabilités. La même idée est repris avec les délégués de classe. Nous avons eu l'occasion de nous entretenir avec la déléguée d'une classe de primaire, et leur rôle ne se borne pas, comme chez nous, à faire de la figuration dans les conseils de classe. Ils participent, avec les adultes, à la planification des activités extra-scolaires, au règlement des problèmes de discipline, ...
Le deuxième point est ce qu'ils appellent "l'éducation intégrale". Toutes les matières, mathématiques, espagnol, histoire, sport, art, ... sont couvertes. Mais le système ne s'arrête pas là. Par exemple, aux alentours de 14 ou 15 ans, tous les élèves cubains vont effectuer un stage d'un mois en "école rurale". Là-bas, ils apprennent les bases de l'écologie et de l'agriculture, et participent à la culture de fruits et de légumes (fruits et légumes qu'ils consommeront directement, et ne seront pas vendus, pas de travail des enfants à Cuba). L'objectif est triple: d'abord donner une éducation intégrale, couvrant tous les domaines, ensuite sensibiliser les élèves aux enjeux d'écologie, mais aussi, et peut-être surtout, essayer de briser le sentiment de supériorité qui peut exister parmi les intellectuels envers les "paysans". En ayant été eux-mêmes "paysans" pendant un mois, les adolescents cubains comprennent mieux toute l'importance et la difficulté de la tâche.
Le dernier point concerne les punitions. En matin, nous avons assistés à la rentrée des classes. Et nous avons vus des enfants arriver en retard, en courant. L'institutrice se contentera de leur crier de ne pas courir pour ne pas risquer de se blesser. Cette scène nous a poussé à discuter avec l'institutrice et avec la déléguée de classe sur les punitions dans l'école. La déléguée fut très surprise par notre question, en particulier quand un membre du groupe a évoqué les mesures comme l'exclusion qui ont vigueur en France. La pauvre gamine a du se dire "mais quels barbares ces français, ils punissent leurs enfants, et les excluent même de l'école !" Elle fut trop polie pour nous le dire en face. L'institutrice nous a expliqué qu'il n'y a pas de punitions dans les écoles, sauf cas vraiment exceptionnel. En cas de problème, l'affaire est d'abord réglée entre les adultes, le délégué de classe, et le fautif, par la discussion. Si le problème n'est pas réglé, alors les parents sont informés, qui eux peuvent punir l'enfant, mais uniquement en privé (jamais devant les autres enfants), et sans utiliser de violence (frapper un enfant, y compris le sien, est illégal à Cuba).
En ce qui concerne les élèves les plus problématiques, il existe à Cuba des écoles spéciales, qui mettent en général l'accent sur des disciplines artistiques ou sportives, afin d'adresser les problèmes de comportement. Les expériences menées, là-bas comme ici, montrent en effet que beaucoup d'adolescents "à problèmes" peuvent être réinsérés dans la société, sans violence, en passant par l'art ou le sport.
Des enfants gâtés ?
Mais alors, les enfants cubains sont-ils gâtés ? Et bien... non. Ils sont polis, aimables, souriant. Très peu de délinquance, de vandalisme. Les rares scènes d'enfants en colère, criant, pleurant, faisant la "comédie" que nous avons vues provenaient de touristes. Un fait marquant, par exemple, est le calme et la concentration des élèves dans l'école que nous avons visitée, malgré notre présence.
De quoi prouver une fois pour toute que les réactionnaires qui prétendent que seules les punitions, les châtiments corporels et l'autorité peuvent amener des enfants à se comporter bien sont dans l'erreur. L'amour, le respect, la mise en situation de responsabilité, et l'assurance d'une place dans la société sont bien plus efficace.
Mensonges et réalités
Dans cette section, je vais adresser rapidement un certain nombre de choses qui "se disent" sur Cuba.
On entend souvent qu'à Cuba, il y a des zones réservées pour les touristes, qu'ils n'ont pas le droit de se mêler à la population, de discuter avec elle. Il n'y a rien de plus faux. Les seuls zones interdites aux touristes sont les zones militaires (comme dans tout pays du monde). Et les lieux privés (ou semi-publics comme des lieux de travail), où, comme partout, il faut une autorisation pour entrer. Que ce soit en groupe ou individuellement, nous avons pu nous promener dans les petites rues de n'importe quelle ville, rencontrer la population locale et discuter avec elle. Par exemple, nous avons pu assister sans la moindre difficulté au spectacle des enfants de l'école du quartier, et discuter avec les parents d'élèves venus y assister.
On nous dit aussi que les hôtels ou les plages sont réservés aux touristes. Je l'ai d'ailleurs moi-même cru. En réalité, si ça a été le cas pendant une période pour lutter contre la prostitution, depuis que celle-ci a très fortement reculé, la règle est assouplie et les cubains peuvent aller sur les mêmes plages et loger dans les mêmes hôtels que les touristes - mais ne peuvent pas partager une chambre avec un touriste. Nous avons donc pu voir de nombreuses familles cubaines loger dans les mêmes hôtels que nous, par exemple dans la piscine de cet hôtel se côtoient touristes et cubains. Les prix des chambres (trop élevés pour la plupart des cubains) sont pris en charge par les comités d'entreprise, nous a-t-on dit. Je ne sais pas exactement selon quelles modalités, hélas.
Il dit aussi beaucoup de choses sur la misère à Cuba, les pénuries de papier toilette, les coupures d'électricité quotidiennes, le manque de savon dans la magasins, ... nous n'avons constaté absolument rien de tout ça. Pas une coupure de courant en deux semaines, y compris dans les petits villages, par exemple. Il n'existe aucune forme de misère extrême à Cuba (pas de SDF, pas de personnes mal nourries ou mal vêtues), chose extrêmement rare dans la région. De même, le racisme semble avoir totalement disparu dans ce pays totalement métissé, ce qui est une différence majeure avec les autres pays d'Amérique Latine où les divisions de classe se superposent aux divisions ethniques. Par contre, il est vrai que le pays n'est pas riche, les voitures ou les motos sont vieilles et visiblement réparées à la main, beaucoup d'habitants se déplacent en vélo, dans des calèches ou font du stop.
Enfin, le dernier point repris par nos médias préférés est l'existence d'une nomenklatura à Cuba. Y compris à La Havane, nous n'avons pas constater de signes extérieurs de richesse sur une partie de la population. Plusieurs membres du groupe ont été en URSS avant sa chute, et tous ont reconnu avoir vu de tels signes en URSS (des voitures de luxe, ou autres signes extérieurs de richesse, par exemple), alors qu'ils n'ont rien remarqué de tel à Cuba.
Une manufacture, parmi d'autres
Dans le courant du séjour, nous avons visité une manufacture de cigares. Les conditions de travail y sont parfaitement correct, même selon un standard occidental: semaine de 44 heures, 4 semaines de congés payés, ce qui est moins favorable qu'en France, mais bien plus que dans les autres pays d'un niveau de développement comparable à Cuba. L'ambiance était plutôt décontractée, et les cadences loin d'être infernales. Enfin, pour déboulonner le mythe du "dans un système socialiste tout le monde gagne pareil et donc personne ne fait rien", il y a dans cette manufacture (mais le système semble assez général) un mécanisme de primes, pour les ouvriers (ou ouvrières) qui produisent au-delà d'un certain seuil.
Deux choses sont à signaler de plus, tout d'abord, l'existence dans la manufacture d'un centre de formation pour apprentis, système qui semble général à Cuba, et une anecdote: en début de matinée, et en début d'après-midi, pendant 1h, des artistes viennent divertir les ouvriers, en leur lisant des histoires, ou en leur jouant de la musique, et ceci, afin de tuer l'ennui d'un travail sinon trop répétitif, et d'éviter la démoralisation.
Certes, peut-être qu'il s'agit d'un cas unique... mais les discussions tout au long du voyage avec la population ne semblent pas l'indiquer.
Un pays sûr, paisible et propre
L'impression générale qui ressort du pays est la même que dans les pays scandinaves: un pays sûr, paisible et propre. Des petits détails confirment d'ailleurs cette impressions: les portes sont rarement fermées à clé, les enfants ou les personnes âgées se promènent seuls dans les rues même le soir. L'auto-stop est une pratique très courante, y compris pour des femmes seules.
Il y a plusieurs raisons à ça. Tout d'abord, les cubains sont toujours disponibles pour aider. On peut se perdre dans les ruelles d'une ville le soir, dés qu'on commence à chercher un peu, des cubains viennent nous demander si on a besoin d'aide, et nous indique gentiment ce qu'on cherche - voir même nous y accompagnent. Des scènes comme celles qui se passent parfois en France, où une personne est agressée ou violée dans un train sans que personne ne réagisse paraissent surréalistes pour les cubains. La deuxième raison est bien sûr l'éducation et l'absence de chômage et de misère. Enfin, il est vrai que la justice cubaine à tendance à être assez sévère, le taux d'incarcération sur l'île étant sensiblement plus élevé qu'en Europe (mais plus faible qu'aux États-Unis).
Un autre phénomène contribue grandement à cette impression de propreté et de sérénité. J'ai mis un peu de temps à comprendre, en fait, je m'en suis rendu compte dans la chambre d'hôtel le soir, zappant sur CNN pour tenter de savoir ce qui se passait dans le monde. Et là j'ai revu quelque chose que je n'avais pas vu (pour mon plus grand plaisir), depuis mon arrivée sur l'île: la publicité ! L'omniprésence, agressive, des panneaux publicitaires fut d'ailleurs l'un de mes plus grands chocs au retour...
Bien sûr, comme tout pays latino, le caractère paisible cède souvent le pas à la musique, la fête, la danse, omniprésentes.
Des mendiants et des prostituées ?
Un phénomène assez frappant dans les pays "pauvres", en particulier au Magrheb (pour parler de mes expériences personnelles) est le nombre élevé de mendiants qui viennent dés qu'un touriste approche. À Cuba, il y en a aussi... mais voyons un peu plus précisément.
Tout d'abord, à Cuba, nous n'avons vu de mendiants que dans les zones très touristiques, près des monuments ou des places qui attirent le plus de touristes. Dés qu'on sort un peu de ces zones, et qu'on va dans la "vraie" Cuba, celle des cubains, il n'y en a plus. Du tout. Donc le phénomène reste donc très limité, en réalité, même si l'impression d'un touriste qui ne sort pas des zones touristiques peut être différente.
La deuxième différence est qui sont ces mendiants. À Cuba, il n'y a pas d'enfants qui mendient. Ni de personnes âgées. Ni de personnes handicapées.
Et la troisième, et plus fondamentale, différence est qu'est-ce qu'ils mendient. Ils ne mendient pas de la nourriture, ni des vêtements, ils en ont. Non, ce qu'ils mendient se sont... des cosmétiques, difficiles à trouver à Cuba en raison du blocus ! Ou des "CUC" (pesos convertibles), bien sûr, voir plus loin. C'est à dire, du "luxe".
Enfin, en ce qui concerne la prostitution, je n'ai vu aucune prostituée en deux semaines, y compris le soir dans les rues de La Havane. Deux semaines est une période trop courte pour tirer une conclusion, mais des discussions avec des cubains et les autres membres du groupe confirment cette impression: la prostitution a très fortement diminuée, et est désormais chose rare. Les boites de nuit sont à peu près le seul endroit où l'on peut encore en rencontrer.
Un peuple opprimé ?
Le peuple cubain est presque toujours présenté comme un peuple opprimé, vivant dans la terreur. Ce n'est pas du tout ce que l'on observe dans le pays.
Rappel de quelques faits
Tout d'abord regardons les rapports d'Amnesty International. Ils ne sont pas spécialement tendres avec Cuba, et reprochent de nombreuses choses. Mais si on regarde les faits les plus graves... on se rend compte que pour les faits suivants (par exemple): "assassinat politique", "torture ou traitement inhumain", "impunité suite à un crime commis par les agents de l'État", "violence contre les mineurs par des agents de l'État", des cas sont signalés dans plusieurs pays de l'Union Européenne et/ou aux États-Unis... mais pas à Cuba. Ce qui ne veut pas dire que la situation est parfaite à Cuba, bien sûr. Mais qu'avant de pointer du doigt ce pays, on ferait bien de regarder chez nous...
D'autre part, contrairement à ce qui est dit par nos médias, il y a des manifestations à Cuba, qui ne sont nullement réprimées. Par exemple, les "femmes en blanc" (épouses ou mères des soi-disant "prisonniers politiques") manifestent régulièrement à La Havane. Elles sont parfois délogées, sans violence, par la police lorsqu'elles tentent d'approcher certains bâtiments, mais sans plus... alors qu'en France, les CRS ont utilisé les lacrymogènes contre les infâmes gauchistes qui, à bonne distance du palais de Versailles, osaient réclamer le respect du référendum de 2005 !
Enfin, il est important de rappeler que contrairement aux "pays de l'est", le système cubain n'est pas tombé à l'effondrement de l'URSS, et ce, malgré la terrible "Période Spéciale". Lorsque les États-Unis ont voté la loi Helms-Burton durcissant le blocus contre Cuba, les opposants disaient que le "régime" n'avait plus que quelques mois à tenir. Et en effet, si, comme ils l'affirment, la population cubaine avait été massivement opposée au "régime", il n'aurait pas pu survire à la chute de l'URSS combinée au durcissement du blocus. Mais il a survécu, chose rendue possible uniquement par le fort soutien dont jouit le système (et tous ses avantages, en particulier en matière de santé et d'éducation) auprès de la population.
Observations et impressions
Tout d'abord, à Cuba, il y a très peu de policiers. Sauf à La Havane, qui en temps que ville de 2 millions d'habitants possède un taux de délinquance un peu plus élevé, nous n'avons vu aucun policier en armes dans les rues des villes. Il y a bien des gardes à l'entrée de certains monuments et bâtiments officiels et des policiers contrôlant la circulation sur les grandes routes, mais très peu dans les rues des villes elles-mêmes.
La plupart des policiers, sans armes, et souvent seuls, qui remplissent des tâches comme raccompagner les personnes égarées (touristes perdus, personnes en état d'ivresse, ...). Quand nous avons expliqué à des cubains les scènes de la Gare du Nord ou du métro parisien, avec des militaires patrouillant, mitrailleuse en main, ou des policiers armés contrôlant systématiquement les personnes "de couleurs", ils n'ont pas voulu nous croire... "propagande" pour eux. Impossible, dans le "pays des Droits de l'Homme" que la police effectue des contrôles au faciès. Et pourtant...
Une anecdote, qui permet de se rendre compte du très fort capital de sympathie de la Révolution Cubaine auprès des populations est la fameuse chanson, "Hasta Siempre", écrite en hommage au Che. Cette chanson est réellement populaire à Cuba, reprise par la plupart des petits groupes semi-professionnels, et reprise en choeur par la plupart des cubains présents lorsqu'elle est chantée. Y compris le dernier couplet, affirmant pourtant « Seguiremos adelente, como junto a ti seguimos, y con Fidel te decimos: Hasta Siempre, Commandante ! » (« Nous continuerons à aller de l'avant, comme nous le faisons maintenant à tes côtés, et avec Fidel nous te disons: pour toujours, Commandant ! »). Certes, il s'agit d'une chanson faisant partie du folklore local, mais tout de même, folklore ou pas, les cubains chanteraient ils spontanément une chanson glorifiant le Che et Fidel, s'ils étaient vraiment opprimés ? Quand à l'émotion qui accompagne cette chanson, dans la voix des chanteurs, elle semble bien réelle.
Une autre anecdote est la réaction des cubains, lorsqu'ils constatent que nous ne sommes pas des touristes "lambda", mais des touristes "engagés" (par exemple, lorsqu'ils se rendent compte que j'ai un t-shirt avec le Che, chose qu'ils ne font en général pas au premier regard, vu que ma veste le couvre partiellement). Systématiquement, c'est une réaction amicale, fraternelle, des "compañeros !", des embrassades. Certes, dans une dictature, ils auraient sans doute peur de manifester ouvertement du déplaisir devant le Che... mais de là à manifester, aussi fortement, leur plaisir, il y a tout de même de la marge.
Enfin, la dernière anecdote est la présence de nombreuses inscriptions favorables à la Révolution. Aucune ne sont souillées. Certes, une dictature peut imposer qu'on ne les souille pas (mais, même au pire de l'Occupation, « à l'heure du couvre-feu des doigts errants avaient écrit sous vos photos "morts pour la France" et les mornes matins en étaient différents »). Où sont donc les "doigts errants" à Cuba ? Mais cela va même plus loin: non seulement les inscriptions ne sont pas souillées, mais de nombreuses inscriptions manuscrites, artisanales, peuvent être trouvées dans le pays. Quel niveau de peur faudrait il pour pousser une population à honorer ainsi ceux qui soi-disant les oppressent ? N'est-il pas plus crédible que ce soutien soit réel, dans au moins une grande partie de la population ?
Bien sûr, comme partout, il y a aussi quelques inscriptions qui ne sont pas du soutien au système en place, par exemple, dans une grande avenue (l'Avenue des Présidents) de La Havane, nous avons pu voir un symbole anarchiste, qui n'avait pas l'air de déranger les autorités, et qui visiblement était là depuis quelques temps.
Enfin, le dernier point qui surprend si on s'attend à trouver une dictature à Cuba est la présence de nombreuses loges de la Franc-Maçonnerie. Les Francs Maçons, une organisation dont l'objectif principal est le libre débat des questions de société, ont toujours été réprimés par les dictatures... et ils sont pourtant très officiellement installés à Cuba. Certes, l'appartenance de José Marti à la Franc-Maçonnerie y est sans doute pour quelque chose... mais tout de même.
Les CDRs: oppression ou démocratie ?
Les CDRs (Comités de Défense de la Révolution) sont présentés comme étant les organes de contrôle de la population. Qu'en est-il réellement ?
En effet, à l'origine, les CDRs furent créés pour aider à la lutte contre les sabotages et la contre-révolution, des mercenaires (semblable à ceux de la Baie des Cochons) ou des nostalgiques de Batista tentant de renverser le gouvernement.
Mais les temps ont bien changé, et le rôle des CDRs aussi. Actuellement, les CDRs, structures de petite taille (une rue) regroupées en zones (un quartier), où chaque habitant peut s'exprimer, organisent surtout la vie des quartiers. Ce sont eux par exemple qui aident à coordonner les secours et les évacuations en cas d'ouragan, et qui organisent le contrôle... des élus !
Les CDRs se réunissent en plein air (sauf jours de pluie, j'imagine), et tout le monde (y compris les touristes) peut assister aux délibérations. Les interventions concernent les problèmes au quotidien, par exemple, un homme disant qu'il comprend qu'un élu local puisse avoir une voiture de fonction, mais qu'il faudrait qu'il fasse comme tout le monde et qu'il... prenne les auto-stoppeurs !
Ne soyons pas naïf, il est évident que les CDRs peuvent aussi servir, de manière informelle, à mettre à l'index les "mauvaises personnes", qui critiquent trop le "système", et qu'une telle pression sociale existe sans doute à Cuba. Mais n'est-ce pas le cas chez nous aussi ? Il y a même des petites villes où constituer une liste de gauche aux municipales est extrêmement difficile, parce que ceux qui acceptent d'y figurer se font mal voir par le reste de la population. Et l'exemple doit sans doute exister dans l'autre sens aussi, même si je n'y ait pas été confronté.
Une petite conclusion
Bien sûr, tous les cubains ne sont pas d'accord avec le système. Et beaucoup d'autres ont des points de désaccord, souvent mineurs. Mais tout dans le pays donne à penser que le soutien de la population pour le système, dans son ensemble, est très, très fort. C'est un climat totalement différent de celui que l'on peut voir au Maroc ou en Tunisie, par exemple.
Finissons par une citation d'une journaliste de Radio Nambi, radio d'extrême droite avec laquelle nos "amis" de Reporters Sans Frontières travaillent pour leurs campagnes contre Cuba: « Lorsque ce régime sera tombé, il faudra passer un bulldozer de Pinar del Rio[1], jusqu'à Santiago [2], car tous les habitants de cette île ont été, à un moment ou à un autre, des partisans de cette Révolution. Il faudra ensuite la repeupler avec les gens de Miami. »
La liberté d'expression
En effet, il n'y a pas de "liberté de la presse" à Cuba. La propriété privée des moyens d'information n'est pas autorisée, et les médias appartiennent donc à l'État. La raison officielle est que tout média privé (à but lucratif, donc) ne pourrait que difficilement faire autrement que de devenir des mercenaires au service des États-Unis (il est beaucoup plus rentable de recevoir, facilement, des millions de dollars du NED que de vendre un journal aux cubains). C'est un argument qui se tient, même si le remède est pire que le mal.
Mais un certains nombre de faits vont relativiser ce problème (je dis bien relativiser, le problème demeure ma principale critique contre le système cubain).
Tout d'abord, comme je l'ai expliqué dans de nombreux articles, la situation n'est pas glorieuse chez nous non plus.
Ensuite, si on regarde Granma, on peut voir qu'il ne s'agit pas uniquement de propagande. En particulier, dans le "courrier des lecteurs" on trouve des critiques pour tel ou tel aspect de la politique, contre tel ou tel dirigeant local. Bien sûr ces critiques sont filtrées, mais contrairement à ce qu'on pourrait croire, elles existent.
Mais surtout, les cubains ont accès à de l'information "hostile" au système. Ils peuvent lire la presse des États-Unis (j'ai vu plusieurs personnes, visiblement cubaines, à une terrasse entrain de le faire). Ils reçoivent la télévision et la radio des États-Unis, soit depuis Miami, soit par satellite. Ils peuvent regarder CNN, s'ils le souhaitent (chaîne d'ailleurs disponible dans les hôtels, y compris dans ceux où logeaient également des cubains). Au cinéma, ils peuvent voir des films d'Hollywood.
Poussant le ridicule jusqu'au bout, et violant une fois de plus les règles élémentaires de la diplomatie, les États-Unis transmettent depuis quelques années des messages sur les murs de leur "ambassade" (section des intérêts). Le gouvernement cubain, en réponse, n'a pas rendu le message illisible (il aurait pu, avec des projecteurs, ou en construisant une tour devant), mais a planté une mer de drapeau noirs (symbolisant les victimes du terrorisme anti-cubain), remplacée par une mer de drapeaux cubains les jours de fête, le tout accompagné d'un monument en hommage aux victimes de l'impérialisme, états-unien au nom, en Amérique Latine, en Amérique du Nord, mais aussi pour Hiroshima et Nagazaki. Mais le message, lui, reste lisible.
Enfin, la liberté d'expression au quotidien n'est elle aucunement restreinte. Même si l'immense majorité des cubains que nous avons rencontrés se montraient favorables au système, nous avons vu quelques exceptions, comme un artiste qui se plaignaient du taux d'impôts sur les ventes d'oeuvres (40%, sachant qu'il s'agit du seul impôt, il n'y a ni impôt sur le revenu, ni TVA à Cuba), et même un cubain qui nous a dit "Castro" en faisant avec son doigt le geste de trancher la tête, en pleine rue, sans avoir l'air d'avoir peur.
De même, à l'intérieur d'une église (Notre Dame du Cuivre, pourtant très visitée par les touristes), nous avons pu voir un appel à libérer les "prisonniers politiques". L'église est un lieu privé, appartenant à l'Église Catholique, et le gouvernement n'intervient donc pas dans ce qui est affiché à l'intérieur. Sans doute y a-t-il des limites, mais c'est le cas partout. La situation n'est pas non plus générale, nous ne l'avons vu que dans une seule des églises que nous avons visitées.
Sur l'accès à Internet, beaucoup de choses se disent. Il faut savoir que Cuba ne peut pas se connecter sur la fibre transatlantique (qui passe pourtant à proximité), en raison du blocus. De même, l'achat d'ordinateurs doit se faire par des réseaux détournés, puisque les fondeurs de microprocesseurs (par exemple) sont tous de nationalité états-unienne. Avec toutes ces contraintes, il ne fait aucun doute que l'accès à Internet pour tous n'est tout simplement pas possible. Il y a alors deux manières de faire: soit de mettre un prix très élevé, et donc de réserver l'accès à quelques privilégiés, soit de décider des catégories de populations prioritaires. C'est ce choix qui a été fait par les autorités cubaines, conforme à leur éthique. Et donc Internet est réservé aux étudiants, aux chercheurs, et bien sûr, ne soyons pas naïf, aux agents des services secrets.
Prétendre qu'il ne s'agit que d'un immense complot du gouvernement (utilisant l'embargo comme excuse) est risible, a fortiori quand on voit l'emphase mise par le gouvernement cubain sur l'informatique et les "nouvelles technologies" (ordinateurs dans toutes les écoles, l'UCI, Université des Sciences Informatiques en tête du défilé du 1er mai, ...). Le gouvernement cubain, au pire, aurait procédé comme la Chine, c'est à dire en autorisant l'accès à Internet, mais en verrouillant et surveillant ce qui est en fait; mais pas avec une restriction massive comme actuellement, qui n'est elle justifiée que par le blocus (je ne dis pas que c'est ce qu'il aurait fait sans le blocus, je ne sais pas, mais je dis que c'est ce qu'il aurait fait si le véritable problème était la censure et non le blocus).
Et contrairement à la rumeur, il existe de nombreux opposants non inquiétés par le gouvernement, comme par exemple Oswaldo Paya, qui est pourtant allé jusqu'à soutenir le coup d'État contre Hugo Chávez en 2002. Ceux qui sont inquiétés le sont pour recevoir de l'argent de la part des États-Unis (et ceux-ci admettant officiellement dépenser des millions de dollars à cette fin, il ne s'agit pas d'une affabulation) pour renverser le gouvernement cubain - crime d'"intelligence avec une puissance étrangère" voir de "haute trahison" réprimé partout dans le monde. Comme je le disais dans mon article précédant, il m'est impossible d'affirmer que toutes les personnes arrêtées soient coupables - mais je n'ai vu aucun argumentaire étayé prenant un cas précis et montrant son innocence, uniquement une condamnation en bloc de toutes les peines, alors qu'il est indéniable que certains sont coupables.
Cuba, le seul pays du développement durable ?
J'en avais déjà parlé, mais le point le plus frappant est l'importance du reboisement à Cuba. Alors qu'avant la Révolution, la forêt était défrichée pour son bois précieux, ou pour créer de nouvelles surfaces cultivables, depuis les années 1970 un immense programme de reboisement a été entrepris à Cuba, faisant de l'île le seul pays d'Amérique Latine ayant une surface boisée plus importante de nos jours qu'en 1970. En particulier, toute la région de Pinar del Rio, qui était quasiment totalement défrichée, est désormais un immense parc naturel, reboisé, et abritant une diversité de faune et de flore immense.
Ensuite, les recherches en agriculture à Cuba se focalisent sur les techniques "douces", permettant d'améliorer la productivité tout en protégeant l'écosystème. Ainsi, ils font de très nombreuses études sur l'utilisation et l'effet des lombrics pour aérer la terre et produire des engrais naturels, ainsi que sur l'alternance des cultures. Par exemple, ils ont découvert que le maïs et le tabac sont complémentaires, chacun prenant des choses différentes à la terre, et ils recommandent donc aux agriculteurs d'alterner, une année sur l'autre, les cultures de tabac et de maïs - à l'opposé des monocultures intensives, en vigueur chez nous, qui appauvrissent les sols. Un article dans Granma "la bénédiction de la patte de boeuf" expliquait par exemple que sur certains types de sol en tout cas, labourer avec des boeufs est peut-être moins "rentable" sur le court terme qu'avec un tracteur, mais l'effet sur la terre (le tracteur la tasse tandis que la patte de boeuf aère la terre) conduit, sur le long terme, à des terres plus saines si labourées à traction animale. Toute une logique différente de la notre...
Enfin, le dernier point important de la politique cubaine en faveur de l'environnement est la lutte contre la désertification rurale. Via les politiques éducatives (des écoles partout, même s'il y a un seul élève), médicales (des dispensaires sont aussi présents un peu partout, et de nombreux médecins ou infirmiers se promènent de village en village, afin de ne jamais laisser de population sans assistance médicale), ... le gouvernement cubain maintien vivant les petits villages, acteurs au quotidien d'une vie en harmonie avec la nature.
Laissons donc la parole à WWF, organisation réputée et pas particulièrement "communiste": « Cuba is currently the only country on the globe to meet WWF's criteria for sustainable development, minimizing its ecological footprint while preserving a healthy standard of living. »[3], c'est à dire « Cuba est actuellement le seul pays du globe qui remplisse les critères du WWF pour le développement durable, minimisant son empreinte écologique tout en préservant une qualité de vie saine. »
Cuba et les États-Unis, deux visions du monde
Il y a une dernière chose qui transparaît dans la situation à Cuba: le voisin du Nord, l'"oncle caïman", est omniprésent. Les effets du blocus se font sentir au quotidien, mais au-delà, ce sont bien deux visions du monde qui s'affrontent à 100km de distance.
Cuba face à l'Empire, un acharnement unique au monde
Je ne reviendrait pas dans les détails sur ce point déjà abordé dans mon article précédant sur Cuba, mais Cuba fait l'objet, de la part des États-Unis, d'un acharnement unique au monde. Jamais un pays aussi puissant n'a fait preuve d'autant d'efforts, systématiques, pour abattre un petit pays, pendant près de 50 ans: blocus sans cesse renforcé, "loi d'ajustement", soutien aux terroristes anti-cubains, discours de haine en continu, ...
Rappelons que si les dirigeants des États-Unis parlent de "l'une des pires dictatures du monde" en parlant de Cuba, en ce moment, dans un pays "ami" des États-Unis (l'Arabie Saoudite), un homme risque 140 coups de fouet pour avoir pris un café avec une dame autre que sa femme, et ce n'est qu'un exemple.
Les conséquences du blocus
Tout d'abord une question de vocabulaire: s'agit-il d'un "blocus" ou d'un "embargo" ? La question est importante, car un "blocus" est considéré comme un acte de guerre - et un blocus sur le matériel médical ou sur les aliments comme un "crime de guerre" par les conventions de Genève. Dans mon Larousse, on a, pour embargo: « mesure administrative visant à empêcher l'exportation d'une marchandise, la libre circulation d'un objet » et pour blocus: « ensemble des mesures prises contre un pays pour le priver de toute relation commerciale ».
Si les États-Unis se contentaient de dire "nous ne faisons aucun commerce avec Cuba", ce serait bien un embargo, et finalement, ça ne les regarde qu'eux. Mais ils vont beaucoup plus loin que ça. Les mesures comme l'interdiction à un navire accostant les ports cubains de pénétrer dans l'espace états-unien pendant une durée de six mois, où l'interdiction de réexportation (si la France achète un composant aux États-Unis et le met dans un produit, elle n'a pas le droit de réexporter ce produit complet vers Cuba) sont bien du domaine du blocus: essayer d'empêcher Cuba d'avoir toute relation commerciale avec l'étranger.
Par exemple, la compagnie cubaine d'aviation, Cubana de Aviacion, ne peut pas acheter de Boeing (là, c'est du domaine de l'embargo, Boeing étant une société états-unienne). Mais elle ne peut pas non plus acheter d'Airbus, puisque 10% des pièces contenues dans les Airbus sont fabriquées aux États-Unis. Là, il s'agit bel et bien d'un blocus.
Un autre exemple, fortement symbolique, mais pourtant réel, est celui de Raysel Sosa Rojas. Ce petit garçon âgé à l'époque de 12 ans, a participé à un concours international, sous l'égide de l'ONU, de dessins pour enfants en faveur de l'environnement. Il a fait partie des gagnants (un pour chaque région du monde). Le garçon étant atteint d'hémophilie, le gouvernement cubain a organisé son voyage à Alger pour récupérer son prix, en prenant toutes les précautions médicales nécessaires, pour un coût de 4500 dollars. Le 5 juin 2006, à Alger, la cérémonie a lieu, en présence de nombreux dignitaires, dont les ambassadeurs de Cuba et des États-Unis en Algérie. Tous les gagnants se voient remettre en prix un appareil photo Nikkon haut de gamme. Tous sauf un. Raysel Sosa Rojas. Le représentant de Nikkon expliquera qu'en raison du blocus, il ne peut pas remettre l'appareil à un cubain. L'ambassadeur des États-Unis n'interviendra pas, malgré les demandes du petit états-unien, gagnant pour sa région et ne comprenant pas l'injustice. Raysel Sosa Rojas rentrera à Cuba, en larmes, sans son appareil. À l'arrivée, Fidel Castro lui remettra en mains propres un modèle qu'il s'est procuré en contournant le blocus. Les voisins du petit Raysel, scandalisés, avaient eux aussi réuni leurs économies pour offrir un appareil à l'enfant. Celui refusa, aimablement le deuxième cadeau, affirmant "je ne peux pas l'accepter, j'en ai déjà un, donnez le à un autre enfant qui en a plus besoin que moi". Bien qu'anecdotique, toute l'opposition entre l'empire des États-Unis et la petite île de Cuba est résumée dans cette histoire.
Le blocus, au-delà des drames humains comme celui précité, génère de fortes pénuries dans l'île, de tout ce qui ne peut pas être produit sur place (soit en raison du climat, soit de l'absence de matières premières, soit d'effets de volume, il est peu réaliste par exemple de créer une fonderie de microprocesseur pour 12 millions d'habitants, le coût serait exorbitant). Certains produits, comme le lait ou tout ce qui concerne la santé, sont subventionnés par le gouvernement, afin d'être disponibles pour tous - mais ceci se fait au détriment de l'importation de produits moins indispensables, comme le "hi-tech" ou les cosmétiques.
Cette situation a amené les autorités cubaines à devoir créer des monnaies: les pesos convertibles (nommés CUC) et les pesos non convertibles (nommés pesos). Les salaires sont payés en pesos non convertibles, qui permettent d'acheter ce qui est produit sur l'île, ou les produits subventionnés. Pour le reste, il faut les payer en CUC, pesos convertibles, assurés par le stock de devises du gouvernement cubain. Pour un cubain, il y a deux façons d'obtenir des CUC: soit via les touristes, soit en changeant des pesos en CUC, mais le taux de change est de 1 pour 25. Ce qui explique les salaires ridiculement faibles que l'on trouve dans la presse occidentale: un salaire de 500 pesos sera converti en 20 CUC, donc en 15 euros/mois. Ce qui est ridicule vu que la plupart des dépenses sont soit gratuites (santé, éducation), soit en pesos non convertibles (nourriture, loyer (limité à 10% du salaire), vêtements). Par contre, il y a bien un problème pour acheter des produits industriels, télévisions, voitures, ou des cosmétiques. Et une conséquence secondaire qui est l'existence à Cuba de deux "classes" sociales: ceux qui fréquentent les touristes et possèdent des CUC et les autres.
Cette situation est la source d'un fort mécontentement de la part des cubains, qui ne se gênent pas pour le dire, et le gouvernement fait son possible pour revenir à une seule monnaie - mais ce n'est pas simple, en raison justement du blocus, qui rend l'approvisionnement difficile et onéreux (car les transporteurs font payer à Cuba le fait d'être interdit de territoire états-unien pendant 6 mois, par exemple).
Cuba sème la vie, les États-Unis la mort
Donnons pour un temps la parole à Fidel Castro Ruz[4], s'adressant à George W. Bush devant un million de Cubains réunis en face de la "section des intérêts nord-américains" à La Havane, pour protester contre la loi Torricelli (qui, entre autres, interdit aux cubains vivant aux États-Unis de rendre visite à leur famille restée sur place plus d'une fois tous les trois ans): « Cuba se bat pour semer la vie dans le monde ; vous, vous vous battez pour y semer la mort. Tandis que vous tuez on ne sait combien de personnes par vos attaques-surprise et préventives tous azimuts, Cuba sauve la vie de centaines de milliers d'enfants, de mères, de malades et de personnes âgées dans le monde. »
Que veut dire cette citation ? Elle parle des guerres déclenchées de par la monde par les États-Unis, en comparaison avec l'action de Cuba, qui envoie médecins et professeurs aider partout où nécessaire. Mais bien au-delà, cette citation parle de deux attitudes opposées, que l'on va voir s'affronter sur un certain nombre de sujets.
Commençons tout d'abord par l'agriculture. Comme nous l'avons vu, Cuba pratique une agriculture soutenable, respectueuse de la nature, et effectue des recherches dans ce sens. Aux États-Unis, royaume des firmes de l'agroalimentaires, des OGMs, de l'épandage massif de pesticides, des hormones de croissance qui rendent les vaches malades à tel point que du pus se retrouve dans le lait (et, bien sûr, les journalistes qui tentent de le dénoncer sont licenciés, dans ce pays de la "liberté d'expression"), la logique choisie est l'opposé: ce qui compte, ce sont les profits, sur le court terme. Et tant pis pour le futur, la santé ou l'environnement. L'accélération du développement des biocarburants, alors que les ravages de la famine se multiplient, est aussi révélatrice d'une attitude vis à vis de la vie humaine.
Mais regardons un autre domaine: la réaction face aux ouragans. Cuba est fréquemment la cible de tels phénomènes naturels (et de plus en plus souvent, en raison des dérèglements climatiques provoqués par les pays riches). Mais aucun désastre comme celui de la Nouvelle Orléans ne survient. Pourquoi ? Parce que les précautions sont prises pour sauver les vies humaines. Les zones menacées sont évacuées si nécessaires avec des hélicoptères. Même le bétail est sauvé, lorsque c'est possible. Lors d'une catastrophe à Cuba, l'armée est envoyée pour secourir les victimes, avec des médecins. À la Nouvelle Orléans, l'armée a été envoyée pour... protéger les supermarchés (désertés par leurs propriétaires) contre les "pillards", c'est à dire les victimes qui, démunies, cherchaient à manger. Cuba proposa d'envoyer 300 médecins pour aider à la Nouvelle Orléans. G.W. Bush refusa. D'ailleurs, Cuba honore les pompiers morts le 11 septembre 2001. Voir les États-Unis honorer les victimes du terrorisme contre Cuba me surprendrait...
Un autre exemple est bien sûr celui de la couverture médicale. Dans le pays le plus riche du monde, 1/4 de la population n'a pas de couverture médicale. Et même pour ceux qui y ont accès, s'ils n'ont pas la bonne assurance, on les laissera mourir faute de soins. Le respect de la vie, valeur fondamentale à Cuba, rend une telle situation simplement impensable.
Revenons maintenant au coeur de la citation de Fidel: alors que les États-Unis ont dépensé 3 000 000 000 000 de dollars pour semer la mort et le chaos en Irak (oui, 3000 milliards, ou 3 x 10^12), c'est à dire ce qu'il faudrait (d'après le PNUD) pour fournir à tous ceux qui en ont besoin de la nourriture, de l'eau potable, un toit et l'accès aux soins pendant 75 ans, et que pendant ce temps là, ils sont le pays riche qui donne le moins en aide au développement, Cuba a continué sa politique d'aide humanitaire massive, malgré le blocus. Vous vous souvenez du tremblement de terre au Pakistan ? Un tiers de la totalité des médecins venus de pays étrangers, que ce soit envoyés par l'OMS, par les gouvernements des pays, ou par les ONGs, ont été envoyés par le gouvernement cubain. Une île de 12 millions d'habitants a fourni un tiers de la totalité du monde. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.
La Mission Miracle (Mision Milagro), opération conjointe entre le Vénézuela et Cuba pour soigner, dans toute l'Amérique Latine, les problèmes de vue qui peuvent être soignés (en particulier les cataractes), a déjà soigné... 500 000 personnes ! En si vous lisez les témoignages, émouvant, des personnes qui ont bénéficié de cette mission, qui ont retrouvés la vue après 10 ans de nuit, ou qui ont découvert à l'âge de 12 ans ce que signifient les mots "rouges" et "verts", il s'agit bien d'un "miracle". Un miracle de la science et de la politique, combinée pour améliorer la vie, et non pour semer la mort.
Un autre parallèle pour continuer d'illustrer cette situation. Il y a dans les Amériques deux universités, célèbres, qui reçoivent des étudiants de nombreux pays, toutes deux parfois nommées "École des Amériques". Une se situe aux États-Unis, et est une école militaire. C'est cette école qui a formé, pendant des décennies, les officiers des dictatures d'Amérique Latine, en particulier pendant le Plan Condor. L'autre se nomme l'ELAM, et se situe à Cuba, et forme, gratuitement, des milliers de médecins, venant de toute l'Amérique et d'une partie de l'Afrique, dans un gi gan tes que complexe. Ces étudiants sont logés, et reçoivent même de l'argent pour étudier, puis rentrent dans leurs pays d'origine, afin de soulager les populations locales.
Une dernière petite anecdote. Un citoyen bolivien a eu affaire à ces deux conceptions dans sa vie. La première fois en 1967, lorsque, soldat de l'armée bolivienne, sur les ordres de la CIA, il exécuta Ernesto Guevara. La deuxième en 2007, lorsqu'au cours de la Mision Milagro, il fut gratuitement soigné de la cataracte à La Havane. Aleida Guevara, fille du Che, apprenant que la Mision Milagro avait bénéficié à l'assassin de son père déclarera: "c'est la preuve, qu'au final, c'est mon père qui a gagné".
Conclusion
En conclusion je pense ne pouvoir dire qu'une seule chose: en ce qui concerne Cuba en tout cas, la réalité n'a rien à voir avec ce que nos chers médias nous dépeignent. S'il est possible de démêler, en parie, vérités et mensonges en lisant attentivement des sources différentes et en cherchant toujours à voir qui tient la plume (et qui paye celui qui la tient), la meilleur solution est encore d'aller sur place, au contact des cubains, et de constater qu'on a à faire à un peuple éduqué, aimable, heureux, et fier de tenir son destin entre ses propres mains, hors de l'ingérence du Premier Monde qui depuis 500 ans tente de s'accaparer les richesses du globe, semant famine et misère dans leur chemin, et ce malgré les problèmes qui existent.
Notes
[1] pointe ouest du pays
[2] pointe est du pays
[3] http://www.wwf.ca/AboutWWF/WhatWeDo/ConservationPrograms/Cuba.asp
[4] le discours complet est disponible sur http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/2004/fra/f140504f.html
Commentaires
Merci de décrir mon pays comme le paradis sur Terre, car il l'est.
Et il est normal dès lors que l'on emprisonne les dissidents qui osent critiquer, parce que mentir, c'est mal.
Et c'est d'ailleurs pourquoi ma marine s'échine à couler les embarcation des gens qui fuient le pays, parce que tout le monde sait que c'est mieux à cuba qu'ailleurs, je leur rend donc un service en les noyant, ils ne verront pas que c'est moins bien ailleurs.
J'ai hate que tu ailles en vacances en Corée du Nord pour nous éclairer sur la vraie réalité qui règne la bas. Et que tu nous ramenes d'aussi jolies photos des banquets quaotidiens qui sont sans doute donnés la bas, mais que la propagande capitaliste nous cache.
Bravo, camarade, pour ta neutralité! Connaitre tout un pays en 3 semaines, tu es vraiment un des notres!
Et si au lieu de lancer des trolls bas de gamme, tu lisais ce que j'avais écrit (ce qui est le minimum avant de le commenter) ?
Quand aux dissidents emprisonnés, je n'affirme pas qu'il y en a pas (je n'ai pas la capacité ni la prétention de le faire), mais c'est la deuxième fois que je fais un appel désespéré pour que quelqu'un puisse me donner un nom de dissident emprisonné, et de me montrer avec des arguments et des faits (comme je suis capable de le faire pour Mumia Abu-Jamal ou Léonard Peltier) en quoi ils ont été condamné à tord... j'attends toujours. Ce serait plus constructif que ton venin insipide...
2-3 conneries parmi tant d'autres.
Tu dis "Cette chanson est réellement populaire à Cuba, [snip]". Bien sur qu'elle est populaire, ça s'appelle le conditionnement.
Tu dis : "pour déboulonner le mythe du "dans un système socialiste tout le monde gagne pareil et donc personne ne fait rien". Heu, camarade, aurais tu oublié la camarade Stakhanv tant vanté par le démocrate Staline? On sait depuis lgtps que le système communiste fonctionne par émulation.
Tu parles de la pub absente ailleurs que dans les villes. Heu, c'est normal, les gens ailleurs que dans les villes ne sont pas des cibles pour les publicitaires. Communistes ou pas, la publicité est faite pour vendre. Alors si les gens n'ont pas d'argent, c'est pas la peine de leur faire de la pub.
Tu es quand même une belle éponge à propagande, qui ne fait preuve d'abslument aucun sens critique.
D'ailleurs, tu pourrais nous dire un peu comment ton voyage s'est rganisé? Tu avais un guide? Ou tu avais ta voiture pour toi et tu allais ou tu voulais?
Bon, il y a encore des ad-hominem, mais au moins quelques choses précises, c'est déjà plus constructif.
Le conditionnement... déjà, si c'est "le conditionnement", ça veut dire que les cubains soutiennent le système. C'est tout de même différent de l'oppression ou de la "dictature". Ensuite, le conditionnement, je ne nie pas son existence à Cuba, mais que dire de chez nous alors ? De la publicité aux médias en passant par les programmes scolaires, tout nous conditionne. C'est un sujet sur lequel on pourrait parler très longuement, mais qui n'a rien de spécifique à Cuba.
Sur le "Stakhanovisme", deux remarques: la première, c'est que la situation que je décris en est très différente. Ce n'est pas l'esprit concours, où "le meilleur" est pris en exemple et idolâtré (la méthode Staline), mais un système où ceux qui ont travaillé plus/mieux ont une prime, que ce soit 0, un seul ou tout le monde. C'est bien différent. Ensuite, c'était surtout pour déboulonner un mythe/argument qui revient souvent si tu ne l'utilises pas, tant mieux ;)
Sur la publicité, je n'ai jamais dit "absente ailleurs que dans les villes", j'ai dit "absente" tout court. Il n'y en a pas, du tout. Et c'est très agréable !
Pour l'ad hominem sur l'éponge à propagande, je pourrais te retourner le compliment - ta vue de Cuba démontre que tu absorbes les mensonges et manipulations de nos médias capitalistes. Je suis exposé aux deux, et c'est là où ma raison (et mon sens critique, relis l'article) sont utilisés.
Sur le voyage, on était en groupe, avec un car. Mais on avait aussi beaucoup de "temps libre", où on pouvait aller où on voulait, en particulier à La Havane ou dans d'autres villes du pays. Et si nous n'avions pas de voiture "perso", il y a de nombreux taxis peu chers à Cuba, et nous en avons pris pour aller ou nous voulions.
Ca a l'air sympa. Je me demande ce que serais effectivement devenu ce pays sans le blocus des états-unis, avec la déferlante de produits manufacturés "de luxe" qui aurait sans doute inondée l'île.
Mais avec une notion de luxe différente, c'est à dire "qui n'est pas de première nécessité". Chez nous, le luxe a un autre sens. Après, c'est la différence de vision dûe au carcan capitaliste, sûrement. Tu dis toi même que le peu de mendiants que tu as vu demande notamment des cosmétique... Le blocus des états-unis, la raison du succès de Cuba ?
Je suis sûr que c'est un pays de rêve pour plein de gens, a priori des gens défavorisés ou avec des idéaux socialistes. Mais bon, on reste des humains, et je ne vais pas repartir en troll sur la nature humaine :)
C'est bien d'annoncer que ça va être plus subjectif que d'habitude, le ton fait un peu propagande (désolé hein ;)) au début de l'article notamment. Enfin, partout, mais le début notamment.
Tu aurais des chiffres sur l'immigration a Cuba ? Je vais faire mon facho de base à dire que si à Cuba y a pas de violence c'est parce qu'il n'y a pas d'immigrés :D Non, sans blague, on a en France (parmi tous les problèmes hein) un souci d'intégration notamment (je n'ai pas dit de la faute à qui c'était hein). Est-ce que Cuba, avec cette description, est vue comme une terre d'accueil par certains pays ?
Je garde la suite pour plus tard ;)
Sur le début de l'article, c'est d'abord pour rappeler l'immense contraste entre les situations de Cuba et d'Haïti, pays pourtant proches sur bien des points, et pour bien essayer de remettre un peu de contenu dans des mots comme "misère" ou "famine" qui, pour nous classes moyennes occidentales, sont finalement abstraits et théoriques.
Ensuite, sur le "message" de l'article, je ne dis pas que Cuba est la perfection et qu'il faudrait faire la même chose chez nous; mon message est double: d'abord que Cuba est très loin d'être l'enfer que nos médias dépeignent, et ensuite, qu'il est assez surréaliste qu'un pays pauvre et isolé comme Cuba puisse faire mieux que nous, pays riche et puissant, sur des domaines aussi fondamentaux que l'éducation, la santé ou le logement - pas pour dire que nous devrions "copier" Cuba, mais que nous avons tout de même un sérieux problème de priorités et d'organisation sociale, politique et économique. Et à fortiori quand la situation, chez nous, s'aggrave: moins de remboursements, fermetures d'hôpitaux, suppressions de poste dans l'éducation, ...
Sur l'immigration, je n'ai pas de chiffres à Cuba, mais sans rentrer trop dans le débat (qui n'est pas celui de cet article), il y a trois faits qui démentent totalement la théorie raciste "immigration = violence", le premier c'est l'histoire. Les "classes dangereuses", ce que Marx appelle le "lumpen proletariat", ont toujours existé, en particulier au XIXème siècle, où la situation était très proche, le mot "canaille" au lieu du mot "racaille", et que les "canailles" n'étaient pas des immigrées. Le deuxième point c'est que ce ne sont pas les "immigrés" qui sont la "racaille" de notre Sarkozy, ce sont plutôt les enfants d'immigrés, français, nés en France, mais non reconnus totalement français, discriminés, relégués dans des ghettos, premiers touchés par le chômage et la misère, et harcelés par la police (en particulier dans la traque des sans-papiers). Et le troisième point, c'est que si tu regardes la situation aux États-Unis par exemple, où la criminalité est pire qu'en France, ce ne sont pas les "immigrés" (latinos pour la plupart), mais bien le "lumpen prolétariat" des ghettos, en particulier dans les ghettos noirs (mais pas seulement), alors que les noirs aux USA y sont présents depuis aussi longtemps qu'à Cuba. Donc c'est bien un problème de classe, de misère, de population exclue de la société, et non un problème d'immigration.
Très intéressant ce carnet de voyage, surtout les mises en perspectives. Et je rêve désormais d'une terre sans agression publicitaire :) Ca existe, c'est possible ! (En Inde, c'est oppressant)
Mais je crois qu'il faut que tu décrives très précisément ce voyage encadré. Je me souviens d'une collègue qui revenait d'Israël suite à un voyage organisé par l'ambassade israëlienne, pendant la guerre du liban, et elle sortait des délires hallucinant, de la pure propagande.
Aussi, il faut lever le doute et nous laisser encore plus juger par nous même :)
De même dans tes rapports avec les cubains, je ne suis pas sur que ce soit représentatif. En tant qu'embarqué (embendded ?), les gens qui venaient vers toi devaient le savoir, et c'étaient ceux qui appréciaient la chose. Qui se ressemble s'assemble. Et tu devais être très reconnaissable :) Après, on ne saura pas :)
Sur le voyage, on était 3 groupes de 16, qui faisaient à peu près la même chose mais en décalé. On était "encadrés" pendant les visites (guide + chauffeur), mais par contre, on avait pas mal de temps libre (la quasi-totalité des soirées, quelques demi-journées, et une journée entière à La Havane). Pendant le temps libre, on se promenait en petits groupes (de 2 à 4 en général), et souvent un peu "au hasard" et surtout hors des zones touristiques, c'est là qu'on a eu des contacts les plus "authentiques" avec les cubains. Et là, ils ne savaient pas du tout qui nous étions, ils nous demandaient d'ailleurs assez souvent de quel pays on venait.
Mais il y a une grosse différence avec le voyage en Israël tout de même: ce qui est reproché à Israël, c'est sa politique étrangère, surtout; c'est donc plus au Liban ou dans les territoires occupés qu'il aurait fallu aller voir. Tandis que Cuba, c'est sa politique intérieur qui est critiquée.
Article très intéressant s'il en est ; merci d'avoir partagé ces impressions.
Toutefois, je trouve que ton argumentaire est bancal sur certains points, aussi voici quelques critiques.
Tout d'abord, tu ne cites pas assez tes sources. Tu attaques Reporters Sans Frontière à propos de leurs liens avec Radio Nambi : de quoi parles-tu ? Tu rappelles comment s'est faite la fortune de la famille Bacardi, ce qui te semble peut-être être de la culture générale, mais pour ma part je n'en avais jamais entendu parler. Tu parles également de l'impossibilité pour Cuba d'acquérir des avions Airbus (dans une démonstration du fait qu'il s'agit d'un blocus et non d'un simple embargo, c'est un minimum d'étayer), de l'opération Milagro, etc.
Ensuite, certaines de tes comparaisons me semblent déséquilibrées, sans parler de procès d'intention. D'une part, la majorité des pays a déploré les attentats du 11 septembre. Que Cuba honore ses victimes n'est pas surprenant. Ce serait beaucoup plus représentatif s'ils s'émouvaient d'un attentat plus mineur, comme celui ayant eu lieu au même endroit en 1993. D'autre part, ta phrase évasive "Voir les États-Unis honorer les victimes du terrorisme contre Cuba me surprendrait..." n'a aucune valeur en matière d'argumentaire.
D'une manière similaire, l'image populaire que peuvent avoir les cubains de la France n'a que peu d'intérêt. On pourrait même utiliser ce point comme exemple révélateur d'une population soumise à une propagande.
D'ailleurs, j'étais déçu en lisant ton paragraphe sur le système éducatif cubain : la qualité est effectivement un critère important. Mais j'aurais bien aimé voir comment les étudiants analysent la situation géopolitique de leur pays et des autres. Ce type de point me paraît très révélateur. Plus généralement, quel est le contenu du noyau de cours obligatoires (s'il y en a un), et quel est le niveau d'un élève au sortir du cycle scolaire obligatoire ? D'ailleurs, de quel âge à quel âge l'école est-elle obligatoire, si elle l'est ?
Certaines de tes descriptions sont manifestement subjectives, et donnent même l'impression d'être déformées ou au moins embellies, notamment les musiciens avec pratiquement les larmes aux yeux.
Enfin, il est clair qu'il s'agit là d'un point de vue de touriste ayant passé peu de temps sur place, même si tu as manifestement eu une démarche de recherche d'information. Ce que tu as pu voir dans une école, dans une rue, ou dans une église n'est qu'un exemple, et il ne faudrait surtout pas le prendre pour représentatif. Quelqu'un qui aurait cette attitude en venant en France trouverait également que c'est un pays ou tout est beau, alors que l'on sait que la réalité est toute autre.
En tout cas c'est un article très intéressant, et le fait d'avoir commencé par une présentation du contexte historique est très appréciable.
Tout d'abord désolé pour le délai de réponse, j'étais un peu vadrouille ces temps-ci. Et merci pour les encouragements ;)
Sur les sources, en effet, je suis conscient du problème. Je lis beaucoup sur les sujets qui m'intéressent, livres papiers et sur Internet (des "pro" comme des "anti"), je me souviens (ou note rapidement) les informations, mais pas trop les sources... c'est sans doute la plus grosse limite des articles d'"amateur", je passe déjà un week-end pour écrire un article, je n'ai malheureusement pas le temps de rechercher toutes mes sources pour les citer... il faut donc prendre ce que je dis comme un article d'opinion. Pour cet article en particulier, j'avais bien précisé «
Cet article contient beaucoup d'impressions, d'anecdotes et est beaucoup plus subjectif que la plupart de mes autres articles. »
Je vais maintenant répondre rapidement à quelques points :
- sur le "11 septembre", il faut bien remettre e tout dans la situation entre Cuba et les États-Unis, et voir que c'est bien plus que "déplorer". Ma phrase évasive « Voir les États-Unis honorer les victimes du terrorisme contre Cuba me surprendrait... » veut dire qu'à ma connaissance, ça n'existe pas, mais que je ne peux pas l'affirmer. C'est aussi un appel à témoignages, si jamais quelqu'un peut témoigner du contraire. Ce que je voulais faire, c'est signaler le contraste, d'un côté Cuba, victime de terrorisme et de blocus par les États-Unis depuis 50 ans, qui honore tout de même les victimes d'un drame qui a touché son ennemi, tandis que la super-puissance Étasunienne, qui se drape dans sa vertu de victime, feint d'ignorer les victimes cubaines du même fléau.
- « l'image populaire que peuvent avoir les cubains de la France » là je ne vois pas à quoi tu fais référence, tu peux préciser ?
- sur l'école obligatoire, je crois que dans la loi c'est uniquement le primaire (6-11 ans), mais dans les faits, le taux de scolarité jusqu'à 14 ans est supérieur à 99% (données UNICEF), et il y a des campagnes importantes d'éducation continue à destination des 17-30 ans sortis du système scolaire après le brevet, avec horaires aménagés et bourses. Une autre manière de regarder est le nombre d'étudiants dans le supérieur. Selon les chiffres officiels, il y en a 600 000 à Cuba pour 11.1 millions d'habitants (soit 5.4%), contre 2.2 millions en France, pour 64.4 millions d'habitants (soit 3.4%). Sur le contenu des programmes, je n'ai pas de détails. Il y a un article dans un numéro récent de Granma qui parle d'une étude de l'UNESCO dans laquelle les élèves cubains seraient les meilleurs de l'Amérique Latine à la sortie du primaire, mais je n'ai pas trouvé l'étude (sans doute pas encore en ligne).
Le conditionnement n'a rien à voir avec celui que nous pouvons subir ici. Ici la publicité, la société de consommation, le libéralisme et l'individualisme nous conditionne c'est certain. Mais rien à voir avec les leçons que reçoivent tout petit les cubains sur les bonnes valeurs du communisme (sauce Castro) et des photos du Che et de Fidel dans toutes les écoles.
Il n'y as pas de pub à Cuba, car il ne sont pas réellement entrée dans une économie de service, le secondaire et l'industriel n'étant pas encore abouti chez eux. Les panneaux publicitaires sont donc remplacé par des tableaux de propagande. "Nous vainquerons" "La révolution à jamais" et autres phrases du Ché, de Fidel et Raul qui entretienne le mythe romantique de la Révolution.
Les plages interdites aux cubains existent bel et bien. Tu vas à La Havane, les plages de l'est de la Havane, il y en a une vers Alamar, un petit village, c'est une plage très cubaine. Un peu plus loin des plages pour touriste uniquement ou les cubains se font refouler par la police. Et plus loins les plages Santa Maria ouvertes à tous et très touristiques.
Les hotels sont ouvert depuis peu aux cubain.
Je ne sais pas qui tu as rencontré mais les cubains manquent de savon un par mois via les tickets de rationnement ca fait peu pour une famille (savon supplémentaire qui s'achète en pesos convertible et pas cubains, prix environs 2 CUC, je rappel le salaire moyen 15 CUC pour un cubain mais payé en pesos cubain, bref)
Pour ce qui est des signes de richesses exterieurs. Les cadres possèdent des voitures reconnaissables aux plaques bleu, appartenant à l'état, mais les plus récentes sont offertes à certains.
Bref ton voyage a du être enrichissant, il l'aurait été deux fois plus si tu avais eu l'occasion de vivre dans ces petits villages qui entour la Havane.
Tu dis qu'il n'y a pas de SDF, personne avec des vêtements déchirés. Surprenant. Je suis rentré dans une maison ou vive 5 personnes. Il n'y a qu'un lit double et pas grand chose de plus. Ils ne sont pas SDF c'est certains...
Je témoigne de ce que j'ai vu, de ce que les cubains m'ont dit. Je ne fais l'apologie d'aucun système de pensée, et ne critique aucun autre. Laissons de côté la droite et la gauche, mais arrêtons nous sur le sort réservé à cette population prisonnières et privée de liberté sur son île dorée.
Merci d'un peu plus de lucidité.
Des photos de Castro dans toutes les écoles ? Ah non, là c'est tout simplement faux. Il y a un buste de Marti devant toutes les écoles, mais certainement pas de photos de Castro. Il y en a très peu à Cuba d'ailleurs. Des Che oui (et pas dans les écoles), mais la politique est plutôt "ne jamais glorifier de personne encore vivante". Fidel et Raoul comme les autres. Mais tout petit français ne reçoit pas des leçons sur les "dictatures communistes" ?
Sur les voitures des officiels, oui j'en ai vu, mais en général, ce sont de vieilles Lada comme celles de tous les cubains qui en ont... certes, tous n'en ont pas, mais peut-on sérieusement imaginer que 6 milliards d'humains (disons 4 milliards si on ne compte pas les enfants) possèdent chacun leur voiture ? Il serait temps d'admettre que certaines coutumes du mode de vie occidental ne sont que des privilèges.
Sinon, tu peux me dire quand tu as effectué ton voyage ? Pour avoir parlé avec des cubains, ils ont en effet traversé une période très difficile dans les années 1990s (la "période spéciale") avec la chute brutale de l'URSS.
Enfin, je n'ai jamais dit que Cuba était parfait, je fais des critiques. Mais quand on compare au reste de l'Amérique Latine, et quand on voit l'action de Cuba sur la scène internationale, on ne peut pas parler de "population prisonnière et privée de liberté" mais plutôt de "population éduquée et en bonne santé", chose rare dans la région.
Photos de Fidel et du Che dans les écoles j'en ai vu. En France on reçoit des leçon sur les dictatures communistes (sans guillemets) car malheureusement le communisme a été associé à des dictateurs ayant mis en place des systèmes autoritaires qu'ils ont qualifié de communisme (très loin de l'idéologie). On nous apprends l'autoritarisme de Staline oui, mais je ne vois pas en quoi cela est mal? A coté on nous apprend Lénine et Marx très objectivement et pas de manière négative.
Les voitures officiels sont rarement des ladas (il y en a cependant) elles sont plus récentes.
J'ai effectué mon voyage en août 2008, j'en reviens de deux semaines.
J'ai vécu les arrestations de policiers.
Cela je l'ai vu de mes yeux (5 arrestations en une semaine !).
"population éduquée et en bonne santé" je suis tout à fait d'accord avec toi, mais si tu ne sépares pas cela de "populaion prisonnière et privée de liberté".
Tu ne dis rien sur les plages interdites aux cubains? je t'ai donné un exemple. Je maintiens, cela existe. La propagande aussi. La misère. Et le lait subventionné à très faible échelle, dans les carnets de rationnement mais cela ne va t-il pas avec le système politique mis en place?
Bref je parle de ce que j'ai vu, si tu as vu d'autre choses alors nous ne seront jamais d'accord. En tout cas je ne fais que relaté mon séjour.
Je dis ca tout a fait neutrement, avant d'y aller je ne m'attendais pas du tout à ca, à autant de cadenas et de privation de liberté.
Je crois Kiloblug que tu défends le communisme, que tu crois en cette idéologie. Je ne critique pas cela, c'est très beau les valeurs prôné par le communisme. Mais à défendre Cuba, tu bafoues toi-même cela. Cuba ce n'est pas du communisme. Cuba est une dictature.
Qualifier Staline et compagnie de "communistes", c'est une vision idéologique, qui sert un objectif précis: discréditer le "communisme". D'ailleurs on ne parle jamais de "dictature capitaliste" quand on parle de Pinochet et ses amis du Plan Condor. Et ils n'ont même jamais qualifié leur système de "communiste" mais de "socialiste". Et non, on ne parle pas de Marx, ni de la Commune de Paris, ni d'Allende par exemple, de manière objective dans les écoles françaises. On nous parle de « dictatures communistes », on répand des mensonges du type « les communistes ont attendu l'entrée en guerre de l'URSS pour résister » (et Chateaubriand alors ?), et on n'évoque jamais ou presque le reste, le tout pour donner une image profondément négative du "communisme".
En effet, je pense que nous n'avons pas vu du tout le même chose... et ce que j'ai vu est confirmé par les autres personnes que je connais qui ont été à Cuba. Moi j'ai vu des gens heureux, libres de nous parler sans scrupules, contents de leur système malgré ses défauts, et une présence policière beaucoup, beaucoup plus faible qu'en France, et beaucoup moins violente.
Les plages interdites aux cubains, je n'en ai pas vues, même sur des plages d'hôtels « tout compris », après, je ne peux pas affirmer qu'il n'y en a aucune, le tourisme est tellement important à Cuba que ça provoque parfois des effets pervers, mais c'est une exception en tout cas. La règle c'est que les cubains et les touristes sont sur les mêmes plages, les mêmes hôtels, les mêmes restaurants, et ce sans la présence du moindre policier pour surveiller.
Quand à la conclusion, Cuba n'est pas le communisme, non. Cuba est socialiste. Cuba essaye, dans une petite île à 160km d'une superpuissance qui fait tout pour la briser, de construire une société différente, et arrive, malgré tout, à avoir une population qui se porte bien mieux que dans le reste de l'Amérique Latine. Mais en effet, il y a des choses critiquables, comme l'absence de liberté de la presse, et je le critique. Par contre, dire "dictature", pour parler d'un système qui jouit d'un soutien populaire, où les manifestations ne sont pas réprimées, où la torture n'ai jamais utilisé, et où les quelques "prisonniers politiques" ressemblent plus à des mercenaires qu'à des prisonniers d'opinion, ce n'est pas juste non plus.
Deux petites choses rapidement en passant.
Tout d'abord, j'adore ta première phrase.
Qu'on pourrait transformer en
Qualifier Hitler et compagnie de "nazis", c'est une vision idéologique, qui sert un objectif précis: discréditer le "nazisme".
ce qui te montre à quel point tu es aveuglé par tes idées politiques.
La deuxième, c'est quand tu parles de la liberté de la presse qui est bridée. C'est à cela qu'on reconnait une dictature d'un pays libre: dans un pays libre, la presse est libre, dans une dictature non.
Ha une troisième (petite) chose (petite comparée aux autres énormités que tu écris, et qui me font beaucoup rire!).
on ne peut pas parler de dictature capitaliste. Une dictature, c'est quand un régime politique impose sa loi. Le principe de base d'une dictature, c'est donc une idéologie politique.
Jusqu'à preuve du contraire, le capitalisme n'est pas une idéologie. Il ne peut donc y avoir de dictature capitaliste.
La grosse différence entre le "nazisme" et le "communisme", sur ce point, c'est que Hitler est celui qui a défini le nazisme ET celui qui l'a appliqué, tandis Marx et Engels eux n'ont rien appliqué, ce n'est que plus tard qui certains ont fait des choses en leur nom. D'ailleurs, Marx défendait la Commune de Paris, qui n'avait pas les dérives dictatoriales de l'URSS.
Sur le deuxième point, réduire la notion de démocratie (gouvernement par le peuple) et de dictature (pouvoir absolu détenu par un homme ou un petit groupe) à la simple liberté de la presse c'est extrêmement réducteur. Ou alors, c'est accepter la caricature « la dictature c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours" ». La liberté de la presse est un point important, oui. Déjà, il faudrait plutôt parler de liberté d'être informé... et ça, chez nous, c'est loin d'être le cas. Mais de tout façon, ce n'est qu'un point parmi d'autres (modes de décision, niveau d'éducation du peuple, présence ou absence de répression, de torture, soutient du peuple pour le gouvernement, ...) qui font la différence entre une démocratie et une dictature.
Sur le troisième point, c'est quoi alors, le capitalisme, si ce n'est pas une idéologie ? Le capitalisme c'est l'idéologie de la propriété privée absolue, étendue à toute chose et sans limite, et le *choix* de donner les pleins pouvoirs aux détenteurs du capital dans le système économique. C'est aussi la foi aveugle dans les mécanismes de marché. Tout ça, c'est de l'idéologie. Et quand c'est imposé par la force, en tirant sur les grévistes et autres syndicalistes, c'est bien une dictature capitaliste.
Ben pour la définition de capitalisme, je t'invite à aller voir sur wikipédia, tu verras, ça ne parle pas d'idéolgie. Que tu sois contre le capitalisme, est une chose. Que tu inventes que c'est une idéologie pour lutter contre est grotesque.
Pour le 2e point, tu essaies encore de dédouanner Cuba en déformant la réalité des choses. Ce n'est pas la liberté d'être informé, mais bien la liberté de la presse qui définit une dictature. La Pravda, Izvestia étaient en vente libre en URSS, les gens étaient libres de s'informer en les achetant. Cela ne transforme pas la dictature qu'était l'URSS en démocratie.
Je note cependant que si tu appliquais les définitions que tu donnes ici de démocratie et dictature tu en déduirait que Cuba est bien une dictature, vu que celui qui a le pouvoir, c'est Castro, et que le reste n'est qu'une mascarade pour donner aux gens comme toi des arguments pour essayer de convaincre que ce n'est pas une dictature.
Comme on dit, il n'y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut voir.
« Le capitalisme est un système économique et social, qui est défini de plusieurs façons différentes par des groupes se réclamant d'idéologies différentes. » Tu connais beaucoup de choses qui sont définies différemment par des groupes d'idéologies différentes mais qui ne sont pas des idéologies ? La suite montre clairement qu'il s'agit bien d'une idéologie, la "propriété privée des moyens de production", par exemple, est bien une posture idéologique.
Sur le 2ème point, une démocratie n'est pas définie par la liberté de la presse. La démocratie, c'est le pouvoir au peuple. La liberté de la presse n'intervient que très directement: le peuple ne peut pas posséder le pouvoir s'il n'a pas les informations qui lui permettent de l'exercer. D'où l'importance de la liberté d'accès à l'information. La liberté de la presse n'est elle qu'un moyen qui permet d'arriver à cette fin. C'est un moyen nécessaire, et c'est là où ton raisonnement sur l'URSS est faux: la Pravda ne donnait que des informations partielles, et parfois fausses. Donc il n'y avait pas réelle liberté d'information. Mais si la liberté de la presse (au sens, indépendance du pouvoir politique) est un moyen nécessaire, il n'est aucunement suffisant pour atteindre la liberté d'informations. On le voit par chez nous, avec tous les mensonges et toutes les manipulations effectuées par nos médias.
Maintenant, si tu considères le corpus usuellement associé à la démocratie dans notre culture, en effet, il y a la liberté de la presse. Au même titre que l'État de droit et tout ce qu'il implique, que l'absence de châtiments cruels et de torture, que la liberté syndicale, que le droit de grève et de manifester, que l'égalité des droits entre les personnes de différents sexes et différentes origines ethniques, ... Réduire tout ça à la liberté de la presse c'est faire preuve d'un aveuglement total.
Quand à Cuba gouvernée par le seul Castro, j'ai déjà expliqué en long et en large que ce n'était pas le cas... contrairement au Royaume de France, où Nicolas Ier fait un peu ce qu'il veut, prenant ses décisions suivant son humeur, bafouant la volonté souveraine du peuple exprimée le 29 mai 2005, limogeant un responsable par amitié, modifiant la Constitution sans consulter le peuple, ...
Précisions sur mon dernier commentaire: je ne voulais pas dire "Cuba est plus démocratique que la France", c'est un sujet beaucoup trop complexe pour résumé en une seule phrase, mais je voulais dire que c'est beaucoup moins le pouvoir dans les mains d'un seul homme que la France de Sarkozy. Il y a d'autres problèmes à Cuba, mais "celui qui a le pouvoir c'est Castro" (Fidel ou Raoul d'ailleurs ?) c'est tout simplement une preuve de méconnaissance complète de Cuba.
Fidel, tu est grotesque, va donc chercher une définition du mot idéologie au lieu de déblatérer.
kilobu,: tu ne voulais pas le dire, mais tu en es tellement persuadé (ce qui est vraiment grotesque) que tu l'écris. En France au moins, si tu n'es pas d'accord avec Sarkozy (comme toi, par exemple), on ne t'envoie pas en prison. Alors qu'à Cuba, si. Et ta manière de le considérer comme un roi est pathétique. En fait, tu es tellement caricatural que je doute fortement que tu réussises un jour à convaincre qui que ce soit que tes idées ont de la valeur.
Remarque, ca m'arrange, n'ayant aucune envie de finir dans un pays transformé en Corée du Nord, je suis content que tes idées restent cantonnées dans les 2-3 maisons d'irréductibles adorateurs de Staline et du goulag.
Comme d'habitude, tu mélanges tout et raconte n'importe quoi.
Tout d'abord, comme je l'ai précisé ensuite, je ne disais pas "Cuba est plus démocatrique que la France" mais "Cuba est moins gouverné par un seul homme que la France". Ce n'est pas Raoul Castro (ni Fidel) qui gouverne Cuba, mais le Conseil d'État (équivalent du Conseil des Ministres) et l'Assamblée Nationale. On peut débattre si ces instances sont représentatives ou non du peuple, à Cuba comme en France, mais c'est un autre débat. Dans la France de Sarkozy, le pouvoir est dans les mains d'un homme, et c'est ce que je dénonçais d'une manière volontairement provocatrice. À Cuba non, ce qui ne veut pas forcément dire que Cuba est plus démcratique. Mais j'imagine que ces subtilités te dépasse...
Ensuite, "En France au moins, si tu n'es pas d'accord avec Sarkozy (comme toi, par exemple), on ne t'envoie pas en prison. Alors qu'à Cuba, si.", c'est purement risible. Tu as entendu parler du projet Varela ? Ou des manifestations organisées par l'opposition, y compris avec drapeaux US ? Ils n'ont pas fini en prison. Par contre, en France, on a Edvige, ou les comparutions immédiates pour les manifestants anti-CPE... Encore une fois ta vision simpliste et volontairement aveugle des choses s'accorde mal avec la réalité.
Quand à être caricatural, tu peux parler, Fidel-INSEE-Eddy, à tel point que je me demande toujours si tu es sérieux ou si tu trolles juste pour le plaisir en racontant n'importe quoi. Et pour convaincre qui que ce soit, j'ai déjà fait des adhésions ;)
Quand à tes références stupides sur la Corée du Nord ou Staline, ça montre bien à quel point tu n'as aucun argument, te réduisant à utiliser l'un des sophismes les plus éculés: l'épouvantail.
Mais bon, de la part d'un menteur qui profère des menaces quand il est démasqué, on ne peut pas s'attendre à mieux. Alors s'il te plait, va jouer ailleurs. De toute façon, tu ne fais que ridiculiser les "idées" que tu "défends".
Bonjour,
je rentre de Cuba que j'ai eu la chance de visiter en compagnie du frère d'une amie qui vit sur place.
Je ne sais pas si tout est idéal mais j'ai comparé la vie à Cuba de la vie en république dominicaine et à choisir je préférerais être cubain.
En dix jours je n'ai pas le recul pour analyser mais j'ai aimé ce pays et ce peuple.
Cyril
Comparons ce qui est comparable :
A Cuba, il n'y a qu'un partis. Pas de choix pour le peuple.
En France, que l'on soit d'accord ou pas avec ce que fait Sarkozy, son élection a découlée du choix de la majorité de la population entre différents partis politiques aux programmes divers.
N'essayons pas de comparé Cuba à la France sur le plan politique, cela n'a rien à voir.
Cuba reste plus proche d'une dictature que la France. (je dis plus proche pour prendre en compte tes "assemblée nationale" et "conseil d'état").
Le fait d'avoir un partis unique reste la caractéristique des dictatures, comme l'absence de liberté de la presse synonyme de propagande étatique, le quotidien Granma en exemple.
C'est plus compliqué que ça, comme je l'explique amplement dans mon autre article. Déjà, il n'y a pas de "parti unique" à Cuba. Depuis les années 90s, il y a plusieurs partis politiques, leurs rôles est juste totalement différent du notre.
Ensuite, je suis désolé, mais en France non plus, il n'y a pas de choix pour le peuple. Quand le peuple vote NON à 54% à un traité, on lui impose sa copie conforme, de force, 4 ans plus tard. Je n'appelle pas ça la démocratie.
Quand à la liberté de la presse, entre Granma et TF1, ce n'est pas Granma qui gagne la palme d'or de la propagande.
Cuba n'est pas parfait, d'accord. Mais si c'est comparable, sur certains points les choses sont plus démocratiques en France, sur d'autres c'est équivalent, et sur d'autres, c'est pire en France. Comme sur les violences policières, par exemple. Ou sur le piétinement du vote du 29 mai 2005.
Imaginons qu'à Cuba des gens vaguement émeutiers brûlent des voitures pendant les jours de fête (je sais, ils n'ont pas de voiture, mais imaginons), que le gouvernement mente grossièrement sur le nombre de voitures incendiées en le divisant par deux, que des journalistes s'en aperçoivent, et qu'à la suite de ça le gouvernement cubain réagisse en interdisant à ses policiers et pompiers de communiquer des chiffres aux journalistes.
On ne manquerait pas de s'indigner en disant que Cuba est une vilaine dictature policière où toute contestation est muselée et où le gouvernement dissimule la vérité parce qu'il a peur de son propre peuple
Hé ben c'est ce qui se passe en France...
Salut Kilobug !
Bon je suis tombé par hazard la dessus mais comme je suis allé récemment aussi a Cuba, ca me force à réagir.
On n'a pas du y voir la même chose. J'ai déja voyagé dans des pays pauvres, dont la Chine ou j'ai vu beaucoup de choses qui ne vont pas. Mais Cuba m'a laissé une impression assez terrifiante au niveau de la pauvreté.
Parmi les choses qui font peur, a deux endroits, j'ai vu écrit : "La patria o muerte" écrit sur le mur (je t'épargnes la traduction) une fois à Santiago et une fois sur la route entre la Havane et Vinales. Ce genre de slogan franchement je ne suis pas fan.
Concernant la pauvreté, suffit de regarder par les fenêtres et les portes entrouvertes de la Havane et Santiago pour voir que la casa particular dans laquelle on logeait était constitué de privilégiés. Parce que beaucoup de logements dans les grandes villes sont insalubres. Bien sur la vie est différente pour ceux qui ont accès aux pesos convertibles des touristes.
Et la même si on ne voit pas de luxe apparent dans les grandes villes cubaines, on se dit que rien que notre casa particular fait figure de luxe réel par rapport à de nombreuses habitations dont on devine l'intérieur. Et c'est déja une certaine forme d'inégalité sociale.
Quand aux magazines, ils sont peu achalandés et quand on devine des produits comme du dentifrice et qu'il est sous verre on comprend qu'il y a un sérieux problème. Même dans des quartiers pourris (ceux ou les touristes ne vont pas car ils sont loin du centre) de Beijing ou Shanghai on trouve des épiceries bien achalandées et on n'a pas besoin de mettre les produits de première nécéssité sous verre.
Enfin, nous avons croisé quelques immigrés chinois, venu il y a longtemps dans ce pays (leur famille) a qui le gouvernement refusait la permission de partir. Et on ne peut pas dire que leur vie sur place avait l'air rayonnante.
Après oui les USA se sont très mal comportés vis à vis de Cuba c'est un fait. Peut être que Fidel est de bonne volonté, je ne le sais pas. Mais le résultat m'est apparu désastreux au point que Beijing m'est apparu comme un endroit ou reigne une certaine douceur de vivre. (Et cela m'écorche d'écrire cela vu les conditions sociales dès que l'on sort des quartiers privilégiés). Au moins les cubains n'ont effectivement pas à vivre face à l'étallage d'une richesse insolente. (Parce que a Pékin quand ils ont de l'argent ils l'affichent volontiers)...
A bientot !
Pour "patria o muerte", il faut comprendre le contexte. Cuba est un pays latino-américain, qui a longtemps été une colonie, puis une néo-colonie (via l'amendement Platt entre autres), et qui depuis 50 ans résiste à l'hostilité du "grand frère" du Nord. C'est le même cri que les révolutionnaires français en 1792, à Valmy face à la Ligue des Rois, et le même cri que les Résistants face au nazisme. C'est le cri d'un peuple qui refuse qu'on lui dicte son destin depuis l'étranger, pas celui d'un peuple qui veut opprimer les autres comme l'est le nationalisme chez nous, bien souvent.
Concernant la pauvreté, si Cuba n'est clairement un pays riche. Mais insalubres ? Non, je ne pense pas. Les logements ne sont pas toujours en parfait état, mais comparé à ce qu'on voit dans un bidonville à Caracas ou dans le magrheb, ou même à ce qu'on voit dans certaines cités HLM du 93, c'est tout sauf insalubre. Et d'ailleurs, ils n'auraient pas une espérance de vie supérieure à celle des États-Unis, malgré le blocus et l'absence de matériel médical qu'il provoque, s'ils vivaient dans des logements insalubres. Et contrairement à Paris, on ne voit pas gens dormant sous les ponts, à Cuba. C'est ça que j'entends par l'absence de misère. Pas que tout le monde est riche, mais que personne ne vit dans une misère terrible comme ici ou ailleurs en Amérique Latine.
Quand aux magasins, ils peuvent être remplis, si les gens n'ont pas d'argent... le SDF qui dort dans le métro à Paris, que le Monoprix du coin propose des fraises du Chili pour Noël à 10 euros la barquette, ça lui sert à quoi ?
C'est dommage que tu sois aussi sectaire sur Cuba. Tu soulèves des choses intéressantes c'est certains.
Il y a des familles qui vivent dans deux pièces avec le même matelas pour les 5 membres. Peut on parler de salubrité ?
Les logements tombent en ruine, l'Etat n'a pas le sous pour rénover.
Fidel a fait de bonne chose, mais en s'accrochant au pouvoir, cette obsession qui le conduit à priver les libertés aura fait bien du mal à son île, à son peuple. Vivement que ces gens puissent vivre libres et heureux dans leur pays.
« Il y a des familles qui vivent dans deux pièces avec le même matelas pour les 5 membres. » Tu parles de la France là ? Ça ce sont les cas qu'on voit dans un collège ZEP. L'autre jour en revenant de Saint-Ouen vers Epinay, j'ai vu des gens "loger" dans des espèces de cabanes faites de tôle, de morceaux de bois, et de de draps. En France, un pays riche, et a qui a un modèle social des plus avancés parmi les pays capitalistes.
Alors oui, tout n'est pas parfait à Cuba. Je n'ai jamais prétendu le contraire. Mais il n'y a pas la misère et la pauvreté extrême qui existe chez nous, et ce malgré le passé colonial et la situation d'île assiégée. Et comparé au reste de l'Amérique Latine...
Quand à la liberté, ce n'est pas à Cuba qu'on met des bébés dans des centres de rétention, que la police va chercher les enfants dans les écoles, que des ados n'ayant rien faits préfèrent franchir une barrière "transformateur haute tension, DANGER DE MORT" plutôt que d'être attrapés par la police. Et ce n'est pas à Cuba que la police lance des grenades lacrymogènes depuis des hélicoptères sur des manifestants pacifiste.
Alors, non, ce n'est pas parfait à Cuba. Comment ça pourrait l'être, après 450 ans de colonisation, et avec l'Empire, à 160km de chez eux, qui font tout pour les briser ? Ce n'est pas parfait, mais il n'y a pas la misère extrême qu'il y a (presque ?) partout ailleurs dans le monde, et les violations des droits de l'Homme n'y sont pas pire que dans nos pays qui se permettent de donner des leçons.
Maintenant, quand il faut critiquer, je critique aussi, par exemple sur la question de la peine de mort, ou de la liberté de la presse. Mais qu'on n'oublie pas ni la situation à laquelle ils font face, ni les très nombreux points positifs, ni que la situation est loin d'être merveilleuse dans le "premier monde".
Comment pourrais-tu te rendre compte de comment logent les Cubains, toi qui a passé deux semaines "à tout casser" à Cuba!?
...et en plus, logé à l'hôtel avec piscine! ( le "San Juan" à Santiago, par exemple ).
Cesse, svp, de confondre la réalité du terrain et tes pseudos convictions "d'altergaucho à la noix de coco (...mmuniste)".
Si tu savais comme la plupart des Cubains se foutent des gens comme toi ( cheveux long et gras, le tshirt du Che, mon dieu, quelle caricature de bobo).comme ils disent, t'as qu'a prendre leur place...
Déjà, on peut savoir beaucoup de choses sans se déplacer, en lisant, en discutant avec des gens qui y ont été, en se documentant, en croisant et recoupant des sources, ... De la même manière qu'on peut vivre dans un pays sans savoir ce qu'il s'y passe.
Ensuite, l'hôtel, c'est pour dormir, rien de plus. Pendant que les autres du groupe allaient danser la salsa, moi qui n'aime ni la danse ni les boites de nuit, je me suis beaucoup promené, au hasard, loin des zones à touristes. Bien sûr, je n'ai pas tout vu. Mais je pense avoir eu un bon échantillonnage statistique, dans des villes de différentes tailles.
Quand aux Cubains, j'ai vu leur réaction, leur sourire, quand ils découvraient le petit pins du Che sur ma veste. Des Cubains normaux, au hasard, des passants dans un quartier non touristique, des parents qui assistaient à un spectacle de danse des enfants de l'école du coin, ... À chaque fois, on voyait le changement d'attitude, passant de l'indifférence à la sympathie, à l'instant même où ils se rendaient compte que nous n'étions pas de simples touristes, mais des "amis de Cuba". Quelques uns ne se sont pas gênés de dire le mal qu'ils pensaient de Fidel, mais c'était une infime minorité.
Quand aux ad hominem sur ma coupe de cheveux, je ne vois pas ce que ça a à faire dans un débat politique.
on n a pas du voir le mémé pays
j ai vu un pays en ruine sale avec des gens méfiants pauvres et qui enviaient notre liberté de parole10euros par mois pour vivre va y habiter si c est si bien
Des arguments, des faits ? Là je ne vois que du troll et des données fausses (10 euros/mois) et déjà démenties dans l'article en plus. Quand à "va y habiter" c'est l'argument le plus débile qui soit... famille, amis, tout ça, ça n'existe pas ?