Libération et Chávez: la désinformation continue
Par kilobug, vendredi 24 novembre 2006 à 23:25 :: Amérique Latine :: #22 :: rss
Le journal Libération, prétendument de gauche, continue ses attaques et sa désinformation contre Hugo Chávez, le Président du Vénézuela. Après les accusations calomnieuses d'antisémitisme en janvier dernier, de nombreux articles le dénigrant, mais toujours sans aucune explication sérieuse de la situation, voici que Libération profite de la campagne électorale en vu des élections du 3 décembre pour accuser de nouveau Chávez.
L'article de François Meurisse, paru dans l'édition du 23 novembre [1], sous la forme d'un interview d'un opposant à Chávez, porte le titre «Le gouvernement Chávez est inefficace». Donner la parole aux opposants d'Hugo Chávez n'est évidemment pas de la désinformation en soi. Mais le faire sans le moindre recul (et bien sûr sans jamais donner la parole aux défenseurs d'Hugo Chávez), et entouré d'explications pour le moins douteuses est un joli exemple de désinformation.
L'introduction de Libération
Commençons par la façon dont l'opposant, Teodoro Petkoff, est présenté:
Entre 1993 et 1998, il est ministre du chrétien-démocrate Rafael Caldera. Chef de file de l'opposition de la gauche modérée au président Hugo Chávez, directeur du quotidien Tal Cual,
Donc, il a été ministre du gouvernement de droite de Rafael Caldera, et est les chef de file de la gauche modérée ? Ça commence bien.
Au moins, ils laissent sous-entendre que la presse vénézuelienne est indépendante du pouvoir. Dommage qu'ils ne parlent du fait que 90% des journaux, la quasi-totalité des chaînes de télévision et de radio sont contrôlées par l'opposition. La télévision privée, contrôlée par deux multinationales, a en effet diffusé, gratuitement, plus de 13000 spots publicitaires contre Hugo Chávez pendant les deux mois qui ont précédé la tentative de coup d'État du 11 avril 2002, et sont allé jusqu'à appeler ouvertement à l'assassinat du Président.
Continuons encore un peu:
il soutient la candidature du social-démocrate Manuel Rosales
Social-démocrate ? Le parti dont il a très longtemps fait parti, AD, est bien officiellement le parti social-démocrate traditionnel du Vénézuela. Mais il ne faudrait pas oublier que c'est un président (Carlos Andres Perez) et un gouvernement issus d'AD, qui ont implémenté les réformes néolibérales demandées par le FMI en 1989, et qui, lorsque la population a protesté, ont envoyé l'armée, faisant entre 1000 et 3000 morts selon les sources, évènement connu sous le nom de "Caracazo".
Mais c'est un parti social-démocrate... dans les colonnes d'un journal se prétendant lui aussi social-démocrate, je trouve ça plus qu'un peu déplacé. Le journaliste ne connait-il même pas le Caracazo, évènement fondateur de la politique vénézuelienne moderne ? Ou bien préfère-t'il le taire ?
Le contenu de l'interview
Voyons donc le contenu de l'interview.
Q: Hugo Chávez prône «le socialisme du XXIe siècle». De quoi s'agit-il ?
R: Ce gouvernement ne possède pas de corpus théorique : les valeurs, la doctrine du «socialisme du XXIe siècle» restent un mystère.
On commence donc par une attaque sous la ceinture. Soit c'est un gouvernement doctrinaire et obtus lorsqu'il a une "doctrine", soit on retourne l'accusation, un peu facile, non ?
Le "socialisme du XXIème siècle" puise dans différentes sources, de Jésus Christ à Karl Marx en passant par Simon Bolivar [2] , le Che Guevarra et Salvador Allende. Ce n'est donc pas un corpus théorique doctrinaire, mais un corpus théorique multiple, qui tente d'allier références idéologiques diverses et pragmatisme. Attitude saine, il me semble.
R(suite): Jusqu'à présent, les seules caractéristiques que l'on a pu en percevoir sont celles du socialisme du XXe siècle, c'est-à-dire de l'expérience communiste qui a échoué en URSS et dans le bloc soviétique, dont Cuba.
Déjà, à ce que je sache, le système Cubain n'est pas un "échec", ou alors, il faudrait préciser clairement ce qu'on entend par là. Le système Cubain n'est pas parfait, on peut le critiquer et s'y opposer, mais difficilement parler d'un échec du pays à la plus longue longévité, ainsi que les taux d'analphabétisme et de mortalité infantile les plus bas de toute l'Amérique Latine, et ce malgré 40 ans de blocus économique.
Ensuite, il y a d'énormes différences entre le système soviétique et le système vénézuelien. Les seuls points communs réels sont une opposition à l'impérialisme américain, et une volonté d'arriver à une éducation et une médecine entièrement gratuites et disponibles pour tous. Il y a toujours, au Vénézuela, des entreprises privées, des journaux et médias privés, des élections sur le modèle occidental, ...
R(suite): Dans la version du XXIe siècle, on perçoit une accentuation de l'autoritarisme, du militarisme et de l'autocratisme.
Là, franchement, je suis épaté. De mieux en mieux. Si je suis le discours, le gouvernement d'Hugo Chávez serait donc plus autoritaire que ne l'était l'URSS ? Mais le monsieur qui parle là n'est-il le patron d'un journal d'opposition ? Ne soutient-il pas un candidat de l'opposition à la prochaine élection, candidat qui dirige un État du pays ? Si seulement l'URSS avait été moins autoritaire que cela...
Un tel niveau de mauvaise foi, c'est soit risible, soit écoeurant. Que Libération choisisse de publier ça, sans le moindre commentaire ni la moindre analyse, montre bien le niveau auquel le journal est tombé dans sa volonté de détruire Hugo Chávez.
Q: La grande différence, selon Chávez, serait surtout la participation effective du peuple au destin du pays...
R: [...] Il faut reconnaître que durant ses premières années de pouvoir, Chávez a délogé la vieille classe politique corrompue du pays.
Mais... mais... il n'a pas été ministre du gouvernement d'avant Hugo Chávez ? Et il parle de "vieille classe politique corrompue"... il n'a pas l'impression de se viser lui-même ?
R(suite): Mais pour mettre en place une nouvelle élite : la sienne !
Alors qu'il y aurait tant à dire sur la situation au Vénézuela vis à vis de la participation populaire et de la démocratie participative, le lecteur de Libération n'en saura pas plus.
Bien sûr, un opposant à Chávez ne dira rien du référendum révocatoire, du référendum d'initiative populaire, des conseils communaux, des médias participatifs, du mode de gestion des Missions, ... C'est compréhensible. Mais Libération, si c'était un journal sérieux, ne devrait-il pas en parler ? Quitte à émettre des critiques (il y a bien sûr des choses à critiquer). Mais Libération préfère, depuis 8 ans, le silence radio sur les tentatives et les initiatives du gouvernement d'Hugo Chávez pour impliquer le peuple dans la vie politique, et pour aller vers de la démocratie participative.
Q: Quels sont les domaines où le gouvernement a échoué ?
R: Chávez lui-même l'admet : son gouvernement est inefficace. Les précédents fournissaient 70 000 à 80 000 logements par an, le sien 14 000 tout au plus.
Et sur le reste ? Parlons des constructions. Alors que tous les projets étaient au point mort en 1999, Hugo Chávez a relancé de nombreux travaux, qui ont enfin pu aboutir: troisième ligne de métro à Caracas, liaison ferroviaire entre Caracas et Los Teques, deuxième pont au-dessus de l'Orinoco, ...
Mais revenons au logement. Nous sommes dans un pays d'Amérique Latine. Peu de gens sont réellement, totalement, sans logis. Par contre, il existe un très grand nombre de bidonvilles, de "barrios". Ces bidonvilles sont construits illégalement dans les zones périphériques aux grandes villes, et sont souvent dépourvus d'infrastructures. Les principaux problèmes pour les habitants ne sont pas la piètre qualité du logement (même si c'en est un), mais le manque d'infrastructure (eau courante, égouts, électricité, ...), et l'illégalité de leur situation, qui les prive d'une adresse (avec tout ce que ça implique pour la recherche d'un emploi, les démarches administratives, ...) et les fait vivre sous la menace perpétuelle d'une expulsion.
Qu'a donc fait Hugo Chávez sur l'illégalité des logements ? Il a promulgué la Loi sur les Terres Urbaines, qui consiste à remettre des titres de propriété et des adresses légales pour les habitants des "barrios". Et, spécificité du "socialisme du XXIème siècle", il ne l'a pas fait, comme il aurait pu, de haut en bas. Non, il l'a fait en responsabilisant les habitants. Des experts sont venus dans les "barrios" , donner aux habitants une formation accélérée sur l'architecture, les cadastres, ... Charge ensuite aux habitants de s'organiser, de dresser des plans de leurs logements, avec un esprit d'entre-aide entre les citoyens. Ensuite, et seulement ensuite, les titres de propriété sont délivrés.
Qu'a donc fait Hugo Chávez sur les infrastructures ? Il a incité les habitants à se réunir, au niveau de leurs quartiers, dans des espaces de discussion divers (Cercles Bolivariens, Conseils Communaux, ...) afin de décider, entre eux, des priorités, et de proposer des projets concrets, qui seront financés par le gouvernement. C'est ainsi que les habitants ont pu fixer les priorités entre améliorer le système d'égout, raccorder le "barrio" au réseau électrique, goudronner les rues, ... Encore un exemple de "socialisme du XXIème siècle", où les habitants se prennent en main, décident de ce dont ils ont le plus besoin, et ensuite le gouvernement se met à leur service.
C'est ce rappel de la situation, des faits, du contexte qu'un journaliste aurait du faire. Mais le journaliste de Libération préfère répéter des paroles de l'opposition sans aucun recul.
R(suite): [...] La grande réussite de Chávez, les «missions» sociales d'alphabétisation, de santé dont le concept est bon sont malheureusement contaminées par la corruption.
Pourquoi ne pas les avoir lancées quand ce monsieur était ministre, si le concept des mission est si bon ?
Tout d'abord, il faut savoir que de 1998 à 2003, Chávez s'est principalement battu pour la survie de son gouvernement, contre des institutions délabrées (d'où la nécessité de l'Assemblée Constitutante de 1999, qui a rédigé la nouvelle Constitution, dite Constituion Bolivarienne, approuvée très largement par référendum), puis contre l'administration corrompue et hostile, placée là par AD et COPEI (les deux partis qui gouvernaient en alternance avant l'arrivée de Chávez), et ensuite contre le Coup d'État et le sabotage économique (qui a coûté au pays plus d'un dixième de son PIB annuel).
Mais, puisqu'on parle d'inefficacité, voyons quelques chiffres des progrès réalisés par Chávez, principalement depuis 2003 (donc, en 3 ans).
En 1998, le Vénézuela comptait entre 1 million et 1.5 million d'analphabètes (agés de plus de 15 ans, selon les critères de l'UNESCO). La mission Robinson, lancée en début 2003, a permis qu'en 2005, l'UNESCO reconnaisse le Vénézuela "territoire libre d'analphabétisme". Les missions Sucre et Ribas, lancées en fin 2003, ont permis à 2 millions de Vénézuelien d'atteindre le niveau d'entrée au collège, et à 5 millions de Vénézuelien de reprendre des cours de niveau collège-lycée.
La mission Mercal, qui fournit des denrées de base (vêtements, aliments, ...) sous les cours du marché, voir gratuitement pour les plus pauvres, permet aux 11 millions de vénézueliens les plus pauvres de se vêtir et de se nourrir.
Sur le plan de la santé, plus de 1900 centres de santé totalement gratuits ont été ouverts, dont plus de 600 centres de "diagnostic intégral", cliniques équipées pour toute la médecine de ville, les interventions chirurgicales de petite envergure, et de tous les équipements nécessaires au diagnostic, scanners, radios, laboratoires d'analyse, ... Un plan intensif de formation de médecins a été lancé, la première promotion de 3 000 médecins a été inaugurée l'an passé (l'objectif étant d'en former 40 000 dans les 10 prochaines années). 18 millions de personnes, au total, ont pu profiter de ces services médicaux gratuits.
La "Mision Milagro" ("Mission Miracle"), opération conjointe du Vénézuela et de Cuba, à laquelle s'est récemment jointe la Bolivie, a permis à plus de 485 000 personnes de 28 pays d'Amérique Latine, dont 290 000 vénézueliens, de retrouver la vue.
Sous le gouvernement d'Hugo Chávez, le taux de pauvreté est tombé de entre 45% et 60% (suivant le seuil choisi) à entre 25% et 35%, respectivement.
Ces résultats ont certes été rendu possible par la manne pétrolière, et grâce la coopération avec Cuba. Mais la manne pétrolière était déjà disponible aux gouvernement précédants, ils n'ont tout simplement pas su, ou pas voulu, l'utiliser pour aider les plus pauvres.
Alors, inefficace, le gouvernement "bolivarien" d'Hugo Chávez ?
Maintenant, voyons la corruption elle-même. Tout d'abord, Hugo Chávez a hérité d'un système où la corruption était massive. Il faut savoir qu'AD et COPEI avaient signé un pacte en 1958, le pacte de Punto Fijo, dans lequel ils se garantissaient mutuellement de se donner le pouvoir à tour de rôle, et implicitement, de ne pas trop fouiller dans les affaires de l'autre. Les administrations, et en particulier PDVSA (la compagnie nationale pétrolière), ont complètement été noyautées par les membres ou proches de membres de ces deux partis. Dans PDVSA, il y avait près de 10.000 emplois fictifs, payés par PDVSA des salaires élevés sans aucune utilité réelle. C'est à ce système qu'a participé notre cher ex-ministre de "gauche modérée" choisi par Libération.
Toute l'administration était non seulement corrompue, mais aussi dans les mains des partis de l'opposition, freinant autant que possible les initiatives d'Hugo Chávez. C'est, en partie, pour cela qu'il a mis autant de temps à réellement améliorer la vie des vénézueliens. Et c'est aussi pour cette raison qu'il n'est pas passé directement, comme on l'aurait fait en France, par les services des ministères (santé, éducation, ...), mais par des "missions". Afin de contourner le système de corruption mis en place par ses prédécesseurs.
Maintenant, oui, il y a de la corruption dans les "missions". On est en Amérique Latine, la corruption y est malheureusement endémique, elle ne peut pas disparaître en quelques années. Mais s'il y a de la corruption, c'est à niveau bien moindre que sous les gouvernements AD/COPEI.
Et le peuple a maintenant le moyen de se défendre. D'abord par la connaissance de la Constitution. L'une des facettes de la démocratie participative du "socialisme du XXIème siècle" est la grande connaissance de la Constitution de la part des citoyens. Celle-ci, éditée au format d'un petit livre conçu pour tenir dans la poche, est présente un peu partout. Les citoyens en ont presque tous une, la portent souvent sur eux. Chávez, lors de son émission hebdomadaire "Aló Presidente", entre autres choses, prend souvent un article, le lit, le décortique, le commente. Les missions d'alphabétisation prennent souvent le texte de la Constitution comme base de travail. Ce qui fait que le Vénézuela est le pays du monde où le peuple connaît le mieux ses droits. Et ça lui permet de lutter, au quotidien, contre la corruption et les abus de pouvoir de certains services de l'État. Il y a aussi les médias participatifs (aussi appelés médias communautaires), qui, en donnant la parole aux habitants eux-mêmes, contribuent à briser le tabou de la corruption, et à permettre de la punir.
Encore une fois, on aurait pu espérer du journaliste de Libération de se renseigner un peu; ou s'il l'a fait, d'en faire profiter ses lecteurs. Sur l'ampleur des succès du gouvernement d'Hugo Chávez. Sur la raison d'être des "missions". Sur l'état de la corruption avant l'arrivée d'Hugo Chávez. Sur les nouveaux moyens, expérimentés par Hugo Chávez, pour lutter contre elle.
Q: Quels sont les atouts du candidat Manuel Rosales ?
R: [...] Pour la première fois en huit ans, cette candidature ne surgit pas des vieux partis traditionnels discrédités.
Ah ? Manuel Rosales a longtemps été un dirigeant d'AD. Il a quitté le parti en 2000, après les résultats désastreux de celui-ci aux élections, mais il n'en reste pas moins totalement issu d'AD.
Q: Mais Rosales n'avait-il pas approuvé le coup d'Etat de 48 heures contre Chávez, en avril 2002, du «patron des patrons» vénézuéliens, Pedro Carmona ?
Ah, une question pertinente et "hostile", quand même.
R: Incontestablement ce fut une erreur, qu'il reconnaît d'ailleurs. Mais il n'a pas participé à la conspiration de Carmona.
Voici la déclaration de Manuel Rosales lors de ce coup d'État: «''Hay que darle todo el respaldo desde el Zulia a la junta de gobierno y a su presidente Pedro Carmona Estanga y al nuevo alto mando militar de Venezuela», ce qui signifie «Il faut donner tout le soutien depuis Zulia à la junte gouvernementale, à son président Pedro Carmona Estanga et au nouveau haut commandant militaire du Vénézuela''».
Mais il s'est pas arrêté là. Il fut le seul des cinq gouverneurs de l'opposition à avoir signé le décret proclamant la suspension de la Constitution, de l'Assemblée, de la Cour Suprême, et donnant les pleins pouvoirs à Carmona. Et il n'a rien dit quand Carmona a envoyé la police contre les manifestants exigeant le rétablissant de la démocratie, tuant plus de 50 d'entre eux. Heureusement, l'armée, sous les cris du peuple scandant une phrase de Simon Bolivar: "maudit soit le soldat qui tourne son arme contre son peuple", a refusé d'obéir et est restée dans les casernes, sinon il y aurait pu avoir des milliers de morts. Voilà ce à quoi Manuel Rosales, le candidat de la "gauche modérée" a participé.
R(suite): Et après tout, le plus grand des putschistes de l'histoire récente du Vénézuela est à la tête de l'État [le lieutenant-colonel Chávez avait mené sans succès un coup d'État le 4 février 1992 contre le président Carlos Andres Pérez, destitué l'année suivante pour malversations, ndlr].
Cette "NDLR" aurait tout de même pu préciser qu'Hugo Chávez a fondé son mouvement clandestin, le MBR200 (Mouvement Bolivarien Révolutionnaire 200), au lendemain de la répression du Caracazo, estimant avec ses camarades qu'un gouvernement qui ordonne à l'armée de tirer sur le peuple ne mérite plus le soutien de cette dite armée.
Elle aurait aussi pu préciser que la population, en 1992, a soutenu Chávez en exigeant massivement sa libération (qu'elle a obtenue en 1994), tandis qu'en 2002 elle s'est massivement mobilisée pour le défendre, plusieurs millions déferlant sur Caracas, forçant Carmona à fuir, moins de 2 jours après avoir pris le pouvoir.
Conclusion
Cet article est exemplaire, mais il n'est hélas pas le seul. On l'avait déjà vu lors des accusations diffamatoires d'antisémitisme contre Hugo Chávez.
Plus récemment, lorsqu'Hugo Chávez a émis l'hypothèse d'effectuer un référendum en 2009 ou 2010 pour lui permettre de se présenter une troisième fois (la Constitution Bolivarienne de 1999 n'autorise que 2 mandats de 6 ans), tous les médias ont parlé de "Chávez président à vie", sans mentionner le référendum, ni la nécessité pour celui-ci de gagner de nombreuses élections. En France, il n'y a aucune limite au nombre de mandats, et personne ne crie au scandale. Certains s'y opposent, d'autres le défendent, mais personne ne crie au "président à vie" quand Jacques Chirac envisage de faire un mandat de plus. Miterrand a été président pendant 14 ans, Chirac pendant 12 ans, et s'il se représentait et était réélu, ça lui ferait 17 ans de présidence. Hugo Chávez, en évoquant la possibilité de faire un mandat de plus, soit donc 20 ans au total, s'éloigne-t'il tant que ça de nos pratiques ? Surtout que pour rester au pouvoir jusqu'en 2018 il lui faudrait, après avoir gagné l'élection de 1998, celle de 2000, le référendum révocataire de 2004, gagner l'élection de 2006, le (probable) référendum référendum de 2009 ou 2010, le référendum visant à changer la Constitution de 2009 ou 2010, l'élection de 2012 et enfin le (probable) référendum révocataire de 2015 ou 2016. Soit 8 élections, en 20 ans. Près d'une tous les deux ans.
Pourquoi donc tant d'acharnement de la part des médias français tels que Libération ou Le Monde (sur plus de 250 articles consacrés au Vénézuela en 6 ans, Le Monde n'a parlé que 2 fois des programmes sociaux, uniquement pour faire le lien avec Cuba, et pas une seule fois du contenu de la Constitution Bolivarienne) contre Hugo Chávez ?
Serait-ce parce qu'Hugo Chávez montre qu'il existe une autre voie que celle du libéralisme économique débridé, auquel Ségolène Royale et Nicolas Sarkozy, les deux favoris de nos médias, adhèrent totalement ? Et que cette voie permet, au contraire de ce qui se fait chez nous, de réduire la pauvreté et l'exclusion, de développer la gratuité et l'accès universel à la santé et à l'éducation (et non de les privatiser), de faire participer réellement le peuple à la gestion du pays ?
Serait-ce parce que, dans notre pays où les alternances entre une droite rejetée par le peuple et une gauche qui déçoit faute de mener une réelle politique de gauche, rendent inacceptables à nos médias l'image que pourrait donner un Président qui s'occupe réellement de son peuple, faisant preuve de courage politique contre les "pouvoirs de l'argent", au risque même de sa vie, gagnant largement élection sur élection ?
Notes
[1] article repris ici partiellement, sous forme de courtes citations, et disponible sur http://www.liberation.fr/actualite/monde/218846.FR.php
[2] le Libertador qui a obtenu l'indépendance du Vénézuela, de la Bolivie, du Pérou, de l'Équateur et de la Colombie
Commentaires
1. Le samedi 25 novembre 2006 à 11:36, par kilobug
2. Le samedi 25 novembre 2006 à 13:05, par xnounours
3. Le dimanche 26 novembre 2006 à 11:03, par kilobug
4. Le dimanche 26 novembre 2006 à 18:21, par kilobug
5. Le mardi 28 novembre 2006 à 14:20, par xnounours
6. Le samedi 2 décembre 2006 à 10:21, par kilobug
7. Le samedi 2 décembre 2006 à 10:31, par kilobug
8. Le samedi 2 décembre 2006 à 21:14, par kilobug
9. Le dimanche 3 décembre 2006 à 12:54, par Xnounours
10. Le dimanche 3 décembre 2006 à 13:54, par Xnounours
11. Le dimanche 3 décembre 2006 à 18:39, par kilobug
12. Le dimanche 4 février 2007 à 21:23, par kilobug
13. Le lundi 17 mars 2008 à 21:35, par Mister Bark
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