La situation de la presse française

Une vue générale de la situation

Commençons par un tour d'horizon rapide de l'état de la presse écrite en France.

Les quotidiens nationaux

Il y a, en France, cinq "grands" quotidiens nationaux: le Figaro, France-Soir, Le Monde, Libération et l'Humanité. En 10 ans, l'ensemble de ces titres a perdu 18% de ses lecteurs. Tous ces quotidiens ont affronté une crise économique importante. Quel est le résultat de cette crise, en juin 2006 ?

- Le Figaro a été racheté par Serge Dassault, PDG de Dassault, fabricants d'armes.

- France-Soir a été racheté par un groupe de BTP, et transformé en un tabloïd, après la suppression du deux tiers des effectifs (et malgré une lutte exemplaire des salariés, attachés à un journal d'information, et non de divertissement).

- Le Monde est maintenant en majorité détenu par le groupe Lagardère, un autre fabricant d'armes, et a perdu plus de 20 millions d'euros l'an passé.

- Libération, après une quasi-faillite, appartient maintenant à la famille d'Édouard de Rotschild, la famille la plus riche de France, possédant un puissant empire industriel et foncier.

- L'Humanité, journal militant, ne survit à l'heure actuelle que par les efforts fournis par les salariés, les militants (vente militante) et les lecteurs, qui injectent massivement de l'argent pour renflouer les caisses (plus d'1.5 million d'euros pour le lancement de la nouvelle Humanité Dimanche, par exemple). Et malgré une hausse de +5% du nombre de lecteurs en 2004 et en 2005, la situation est grave: la menace de rupture de trésorerie pour la fin du mois est réelle.

Les quotidiens régionaux

La situation des quotidiens régionaux est plus mitigée, économiquement parlant. Mais au niveau de la diversité, le résultat est pire encore: entre les faillites et les fusions, la plupart des régions n'ont plus qu'un seul quotidien régional.

Les magazines hebdomadaires et mensuels

Les magazines hebdomadaires et mensuels se portent mieux. Les titres sont toujours nombreux, y compris même à la gauche de la gauche: l'Humanité Dimanche, Rouge, le Monde Diplomatique, Économie et Politique, Regards, la Terre, ...

Cependant, combien de temps ceux-ci tiendront-ils face aux problèmes structurels qui menacent la presse écrite ? La menace est à prendre au sérieux pour ceux-là aussi, même si l'urgence est moindre.

Les raisons de la crise

Quelles sont donc les raisons de cette crise ? Elles sont, comme souvent, multiples. Essayons d'en cerner les principales.

Le désintérêt de la politique

Plus de vingt ans d'alternance entre une gauche molle et une droite de plus en plus dure, la multiplication des "affaires", et l'impression - entretenue volontairement par certains - que le politique ne peut pas résoudre les problèmes de la population (des éternels "c'est pas nous c'est Bruxelles" ou "on y peut rien c'est la mondialisation" au désastreux "l'État ne peut pas" de Jospin), ont provoqué un désintérêt de plus en plus fort du peuple vis à vis de la politique, et donc, de ce qui permet de la comprendre: la presse.

Les nouveaux médias

L'importance de plus en plus grande de la télévision, de la radio, et la démocratisation de l'accès à Internet sont aussi bien sûr des raisons importantes d'abandon de la presse écrite, en particulier chez les jeunes.

Les journaux, par choix ou par obligation, possèdent tous leurs articles sur leur site Internet. Avec de la publicité, certes, mais les revenus de la publicité sur Internet sont bien insuffisants pour compenser le déficit de ventes de numéros.

Le doublé fléau des "gratuits"

L'apparition de journaux "gratuits" (ou plutôt, en réalité, de journaux qui se vendent aux annonceurs publicitaires, et non pas aux lecteurs), contribue doublement à saigner la presse écrite.

Tout d'abord, même si les journaux "gratuits" sont de qualité très médiocre (information brute, non vérifiée, non analysée, sans mise en corrélation, sans travail d'enquête, ...), beaucoup de gens se demandent pourquoi payer ce qu'ils croient pouvoir avoir gratuitement.

Mais aussi, en attirant à eux la plus grande partie des annonces publicitaires, ils privent les journaux payant de la publicité qui leur permettait, jusque là, de maintenir le prix de vente au numéro à un prix raisonnable.

La publicité: un fruit empoisonné

Puisque l'on parle de la publicité, n'oublions pas non plus qu'il s'agit d'un fruit empoisonné. Empoisonné pour les lecteurs, à qui on impose des annonces qui ont pour but de les inciter à consommer. Empoisonné pour l'environnement, en utilisant inutilement de l'encre et du papier. Empoisonné pour les consommateurs, puisque la publicité se répercute dans le prix des produits.

Mais surtout, empoisonné pour le journal, qui se trouve contraint de ne pas froisser les annonceurs. Lorsque l'Humanité a critiqué sévèrement Total sur la marée noire de l'Erika, la réaction fut rapide: "et bien soit, vous n'aurez plus de publicité de nous". La même chose s'est produite lors des critiques vis-à-vis des licenciements boursiers de Danone, et ainsi de suite. Plus un journal dépend de la publicité, et plus les annonceurs peuvent lui imposer la loi du silence. Et plus un journal se permet de critiquer les grandes entités économiques, moins il aura de publicité...

Cependant, dans le climat difficile actuel, et avec le structure capitaliste du système économique, il est malheureusement impossible pour la presse écrite de survivre sans publicité.

La presse écrite, poumon de la démocratie

Pourtant, la presse écrite est nécessaire à la survie de la démocratie.

La presse écrite: le domaine de la réflexion

Tout d'abord, parce que l'écrit est le domaine de la réflexion, de l'analyse, du rationnel. Alors que la télévision et, dans une moindre mesure, la radio font appel aux sentiments, au ressenti, à l'immédiat, la presse écrite elle permet des réflexions plus profondes, des mises en relation plus poussées.

Même s'il existe des émissions politiques sur les chaînes de télévision, le caractère "vivant" des média pousse à des formes d'expression (interview, dialogue rapide) qui ne permettent pas l'expression d'une analyse et d'une réflexion complexe. S'il est possible d'exprimer et de construire une analyse d'un sujet compliqué, et d'argumenter ses positions dans une tribune du Monde, la même chose est presque impossible à la télévision ou même à la radio.

De plus, de par son caractère persistant, la presse écrite permet aussi de voir l'évolution d'une situation, de relire, a posteriori une analyse, et donc, pour le lecteur, d'effectuer son propre raisonnement. À ce sujet, les archives intégrales de l'Humanité depuis 1990, disponibles sur le site http://www.humanite.fr sont un trésor d'informations.

Mais aussi, la différence entre un journal écrit qui vend de l'information à un lectorat qu'il espère fidèle et un journal télévisé (ou un journal "gratuit") qui, comme l'a si bien dit Patrick Le Lay, "vend du temps de cerveau disponible à Coca-Cola", est fondamentale.

Quel accès aux médias ?

La deuxième raison pour laquelle la presse écrite est fondamentale pour la démocratie est la question de l'accès aux médias, et ce dans les deux sens.

Tout d'abord, si la télévision et Internet sont considérés comme "gratuits", il ne faut pas oublier qu'une partie de la population de notre pays n'a pas d'ordinateur, pas forcément même de télé, certains n'ont même pas d'électricité ! L'écrit est pour cette population la seule forme d'information possible, même si, préoccupés par des problèmes bien plus urgents, ils ne s'intéressent que peu à la politique, en général.

Mais surtout, le problème de l'accès à l'information est présent dans l'autre sens. La barrière d'entrée pour créer une chaîne de télévision est bien plus haute que pour créer un journal. La presse écrite est donc, par nature, bien plus diversifiée que ne peut l'être la télévision ou la radio. En particulier, s'il existe de nombreux journaux (et même un quotidien) rompant avec la logique dominante (le "consensus de Washington"), ce n'est le cas ni de la radio (il y a bien "Radio Libertaire", mais c'est la seule exception à ma connaissance) ni encore moins de chaînes de télévision.

Bien sûr, il est envisageable d'avoir des radios ou des télés qui portent des paroles dissidentes. L'exemple des médias participatifs au Vénézuela, soutenus financièrement par l'État Bolivarien, mais dont le contenu provient directement des populations locales, est à cet égard très instructif. Mais ça nécessite une volonté politique de la part du gouvernement, et ce n'est pas Dominique Galouzeau de Villepin, Nicolas Sarkozy ni Ségolène Royale qui vont mettre des médias dans les mains du peuple.

Certes, Internet, par sa nature même, donne la parole à tous. C'est le seul média qui, peut-être même encore mieux que la presse écrite, donne la parole à tous. Mais si Internet, pas sa nature décentralisée, permet un échange d'opinions et d'informations très riche, il ne remplace pas la presse écrite dans son rôle d'information pour tous, d'information de masse, ni dans son rôle de référence (la faible vérification des informations est souvent le point faible d'Internet).

Les conséquences de la mainmise des groupes financiers sur la presse

Un constat général

Quelles sont donc les conséquences de la mainmise des groupes financiers sur la presse écrite ? Et bien, hormis la spectaculaire éviction de Serge July à la tête de Libération par l'actionnaire majoritaire Édouard de Rotschild, il est difficile de départager entre ce qui provient des pressions des groupes financiers et ce qui provient de l'opinion réelle de la rédaction.

Mais le constat est là: la presse quotidienne, à l'exception du journal l'Humanité, fait le jeu d'une vue néo-libérale de la société. Ce n'est pas étonnant pour un journal comme le Figaro, qui est un journal ouvertement à droite, et je n'y vois pas d'inconvénient. La liberté de la presse implique l'existence d'une presse de droite, et le Figaro a donc sa raison d'être. Par contre, des journaux comme Libération ou Le Monde, qui furent des journaux de gauche (pour Libération) ou faisant preuve d'un grand sérieux et d'une éthique (pour Le Monde), le constat est bien plus alarmant.

Deux sujets précis

Prenons deux sujets: le référendum de 2005 et la situation au Vénézuela.

Nous savons tous l'attitude et le rôle des médias lors du référendum sur le "Traité établissant une Constitution pour l'Europe". Comment les éditorialistes ont manié l'insulte, la déformation de la vérité, et les attaques personnelles. Mais malgré tout, quelques tribunes de partisans du Non ont été publiées, dans leur intégralité, par la presse écrite; alors qu'à la télévision, les partisans du Non pouvaient à peine finir leur phrases (je me souviens de l'interview de Danièle Miterrand sur France 2, où elle n'a pas pu finir la moitié de ses phrases, le journaliste lui coupant sans cesse la parole). On constate donc un effet réel de l'absence de diversité dans les médias, mais aussi, le caractère relitavement plus ouvert de la presse écrite.

Regardons un autre sujet, un peu moins connu: le Vénézuela. En 1997, la candidat très à gauche Hugo Rafael Chavez Frias est élu Président. Confirmé par une dizaine d'élections depuis, remis au pouvoir par un soulèvement populaire après une tentative de coup d'État (soutenu par la CIA) en 2002, il reste pourtant la bête noire des médias - en France comme ailleurs. J'ai démonté dans un précédant article les calomnieuses attaques de Libération contre Chavez, au sujet de son prétendu antisémitisme (et je ne suis pas le seul, Acrimed ou Jean-Luc Mélanchon l'ont aussi fait, tout aussi bien si ce n'est mieux). Mais au-delà de cette affaire précise, la désinformation reste omniprésente.

Regardons Le Monde. D'après Acrimed, depuis l'élection de Chavez, Le Monde a publié 250 articles parlant du Vénézuela. Aucun article n'a parlé du contenu de la Constitution de la République Bolivarienne du Vénézuela, rédigée par une Assemblée Constituante (tiens, ça existe ça ?) et votée par référendum à une large majorité. Pourtant, cette Constitution est novatrice sur beaucoup de points de vue. Je vous laisse la lire par vous même [1]. Seuls deux articles (sur 250 !) parlent des programmes sociaux engagés par Chavez, pourtant massifs (plus d'un million de personnes alphabétisées, ...), et uniquement pour signaler que les médecins et les professeurs viennent de Cuba.

Les raisons sont doubles: d'abord idéologique (Chavez menace l'ordre capitaliste mondial, en redonnant espoir aux peuples vivant dans la misère), mais aussi, un manque de moyen. Libération ne dispose que d'un pigiste à Caracas, les articles étant principalement écrits en France, par un journaliste ne connaissant pas le Vénézuela (d'où les erreurs nombreuses, comme, pour l'article sur le prétendu antisémtisme de Chavez, "à Miranda, dans l’Etat de Zulia", alors que Miranda et Zulia sont des États, un peu comme si un journaliste vénézuelien disait "à Bretagne, dans la région Poitou-Charentes"). Pour Le Monde, les articles sur le Vénézuela sont écrit par leur correspondante à... Bogotta, en Colombie, pays très franchement hostile au Vénézuela, pour des raisons politiques, économiques et territoriales. Pas forcément les conditions idéales pour apprécier un processus complexe, telle que la Révolution Bolivarienne.

Il faut sauver l'Humanité !

Face à l'assimilation des médias par les grands groupes financiers, et la pensée unique qu'ils sont amenés à répandre, il est impératif, à mes yeux, pour la démocratie française, de sauver l'Humanité - seul quotidien national encore indépendant - et ce, quelle que soit notre opinion sur le journal lui-même ou sur le Parti Communiste Français.

Bolkestein, Constitution: l'Humanité informe

Tout le monde a attendu parler de la directive Bolkestein, ou presque. Et pourtant, qui se souvient du 8 juin 2004, où, avant même la campagne référendaire, l'Humanité titrait "Un missile nommé Bolkestein" ? À l'époque, ni le gouvernement ni même le PS ne trouvait ce texte choquant. Et pourtant, grâce à l'Humanité, le texte a été rendu public au près des lecteurs, souvent militants, qui ont pu alors en parler autour d'eux... et les médias ont finalement du en parler.

Le même phénomène s'est produit sur la Constitution Européenne: c'est l'Humanité qui a révélé en premier la teneur de la troisième partie (par l'intermédiaire de Francis Wurtz, président du groupe GUE-NGL au Parlement Européen), puis qui a publié massivement le contenu intégral du texte, que tous les autres médias se plaisaient à taire.

L'Humanité donne la parole au peuple, aux luttes

L'Humanité est aussi le journal des luttes, et le journal du peuple. Quel autre journal donne régulièrement la parole aux RMIstes, aux sans-papiers ? Quel autre journal ouvre ses colonnes aux jeunes lecteurs (dans le cadre de l'opération "Libres Échanges" [2]) ? Quel autre journal se fait le relais des luttes sociales, partout en France, donnant la parole à ceux que l'on n'entend jamais au 20h ? Combien de fois, au 20h, les raisons d'une grève ont-elles été données ? Surtout pas, malheureux, les gens risqueraient d'être d'accord !

Quelles solutions ?

La Poste, service public ?

En plus des raisons structurelles de baisse du nombre des lecteurs, un facteur vient se rajouter aux difficultés de la presse. Jusqu'en 2003, La Poste, en sa qualité de service public, acheminait la presse, et en particulier les quotidiens, au-dessous du prix de revient. Cela faisait partie des missions de service public de La Poste.

Mais en vue de la privatisation programmée par le gouvernement, La Poste est désormais dans une logique de rentabilité financière: acheminer du courrier à perte, même pour quelque chose d'aussi important que la liberté d'expression, n'est pas envisageable. Les tarifs postaux ont donc augmenté de plus de 20% en 3 ans, coûtant plus de 500 000 euros supplémentaires pour un journal comme l'Humanité.

La Poste est, et doit rester, un service public. Et acheminer l'information, sous la forme de la presse, en particulier quotidienne, est l'un des devoirs de La Poste. Nous devons exiger à ce qu'elle assume de nouveau ses missions, et refuser qu'elle se comporte comme une entreprise privée visant le profit, tout le profit, et rien que le profit.

L'État doit assumer ses responsabilités

D'autre part, l'État doit assumer ses responsabilités. La République Française, devrait se souvenir du programme qui, en 1944, l'a refondée après les heures les plus noires de l'Histoire, et qui proclamait: "la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères".

L'État, garant de la vie démocratique, a le devoir de permettre l'existence d'une presse libre, indépendante et faisant preuve d'une diversité d'opinion. Le rôle de l'État n'est pas uniquement de proclamer de manière théorique la liberté de la presse, mais de faire en sorte que, concrètement, la presse libre puisse exister.

Il existe déjà à ce titre des aides, en particulier une aide aux journaux à faibles ressources publicitaires; mais ces aides, datant de la Libération, ont besoin d'être réadaptées et dimensionnées aux conditions actuelles.

L'État peut aussi prendre sa part de responsabilités via l'Éducation Nationale. La jeunesse française manque cruellement d'accès à la presse écrite, pourquoi ne pas abonner aux principaux quotidiens les CDIs de chaque établissement scolaire ? L'éducation à la lecture de la presse et au décryptage de l'information devrait être de plus généralisée, dans les cours d'éducation civique, par exemple. Pourquoi ne pas faire, au collège, une fois par mois, une heure de revue de presse, de comparaison du contenu des différents quotidiens ?

De nombreuses pistes existent. Le tout est encore une fois une question de volonté politique. Le gouvernement actuel veut-il défendre une presse libre ? J'ai bien peur que la réponse soit non. Mais dans ce cas, c'est à nous de l'y contraindre. N'oublions pas le principe même de notre République, tel que proclamé dans la Constitution: "Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple."

Nous tous, on peut aussi agir

Tout d'abord, refusons les journaux "gratuits", ces ersatz de presse écrite, ces journaux vendus aux annonceurs publicitaires, et structurellement incapable de faire le travail de vérification, d'enquête et d'analyse d'un véritable journal.

Ensuite, nous pouvons faire pression sur le gouvernement pour le forcer à assumer ses responsabilités, en particulier en signant la pétition pour le pluralisme de la presse [3].

Et que pouvons-nous faire pour sauver l'Humanité ? Et bien, d'abord, la lire. L'acheter au près de militants, en kiosque, ou s'y abonner - à l'Humanité quotidienne, ou à l'Humanité Dimanche. Ou alors, la lire sur Internet, et effectuer un don. Ou aller à la Fête de l'Humanité [4]. Ou même, acheter la vignette (un bon de soutien au journal l'Humanité, d'une valeur de 15 euros, donnant le droit à l'entrée gratuite à la Fête), sans pouvoir aller à la Fête.

Conclusion

L'état de la presse française (et le phénomène n'est hélas pas uniquement français), pour toute une série de raisons, est alarmant. Il est de notre responsabilité à tous, citoyens, de défendre l'existence d'une presse libre, indispensable à la vie démocratique, en faisant pression sur le gouvernement, et en soutenant la presse libre, en particulier le dernier quotidien national indépendant des grands groupes financiers, l'Humanité, qui est menacé de disparition.